Prise d’antileucotriènes et risque de suicide : pas de lien ?

Les antileucotriènes sont utilisés depuis plusieurs années dans le traitement de l’asthme. Une augmentation du risque de suicide chez les patients traités par ces médicaments a été évoquée mais n’a jamais été confirmée.

Une étude cas-témoin nichée a été menée aux Etats-Unis chez des enfants, adolescents et adultes jeunes dans le but d’évaluer le risque de suicide chez l’asthmatique traité.

Les données ont été obtenues par l’intermédiaire de l’assurance maladie.

Les patients, âgés de 5 à 24 ans, étaient issus d’une cohorte de 195 028 asthmatiques et étaient depuis peu traités par antileucotriènes ou par d’autres classes thérapeutiques.

Il a été dénombré 344 cas de suicides survenus après la mise en place d’un traitement anti-asthmatique. Chaque cas a été associé à 10 témoins à risque appariés pour l’âge, le sexe, la région géographique et l’année d’entrée dans la cohorte.

Par rapport aux témoins, des antécédents de tentatives de suicide ont été plus fréquemment retrouvés chez les cas de même que pour  les patients souffrant de toxicomanie, de maladie bipolaire, de dépression, de schizophrénie ou d’autres pathologies mentales, mais aussi de migraine, de séropositivité  HIV ou de SIDA.

Les visites aux urgences pour asthme étaient plus fréquentes chez les cas de même que la prescription de bêta-agonistes de longue durée d’action.

La sévérité de l’asthme et l’utilisation d’un traitement anti-asthmatique étaient par ailleurs similaires chez les cas et les témoins.

Parmi les cas, 19 (soit 5,52 %) prenaient des antileucotriènes au moment de la tentative de suicide contre 224 (soit 6,52 %) parmi les témoins (Odds ratio [OR] non ajusté 0,80, intervalle de confiance à 95 %[IC 95 %] 0,49-1,31).

Tous les patients étaient traités par montélukast sauf 5 qui prenaient du zarfirlukast.

Après ajustement pour les facteurs co-variés, aucune association entre l’utilisation d’antileucotriènes et l’augmentation du risque de tentative de suicide n’a pu être établie.

Aucune association n’a été constatée entre la dose cumulée d’antileucotriènes et les tentatives de suicide.

Des analyses menées dans différents groupes ont néanmoins montré une augmentation du risque de suicide dans le groupe des 19 à 24 ans (OR ajusté, 5,15; IC 95%, 1,16-22,86).

C’est cependant dans cette tranche d’âge qu’était notée la plus forte prévalence des facteurs de risque de suicide.

Dr Geneviève Démonet

Référence
Schumock GT et coll. : Risk of suicide attempt in asthmatic children and young adults prescribed leukotriene-modifying agents: A nested case-control study. J Allergy Clin Immunol., 2012; 130 : 368-375

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