Prise de poids après stimulation sous-thalamique profonde pour Parkinson

La stimulation sous-thalamique profonde (SSTP) est indiquée dans le traitement symptomatique de la maladie de Parkinson idiopathique (MPI) réfractaire à la pharmacothérapie classique. Cette technique relativement lourde à mettre en œuvre n’est accessible que dans quelques centres spécialisés et ses indications sont actuellement sélectives : c’est à ce prix qu’elle donne des résultats plutôt satisfaisants sur les symptômes les plus gênants de la maladie, sans modifier pour autant son évolution. Ses mécanismes d’action restent assez mystérieux.

Quelle est son incidence sur le poids corporel et la répartition des graisses au sein de l’organisme ? C’est à cette question que répond une étude de cohorte prospective réalisée en France, dans laquelle ont été inclus 22 patients  (dont 15 hommes) atteints d’une MPI réfractaire au traitement médical. La survenue d’une prise de poids a été prise en compte dans les 16 mois (en moyenne) qui ont suivi cette intervention neurochirurgicale. L’absorptiométrie biphonique X a été utilisée pour évaluer les modifications du poids et de la composition de l’organisme 3 mois avant et 3 mois après la SSTP.  Avant cette dernière, aucun participant ne souffrait de maigreur excessive, alors qu’il existait une surcharge pondérale chez un sujet sur deux.

Trois mois après l’intervention,  une surcharge pondérale ou une obésité se sont installées chez 68 % des participants et 82 % seize mois plus tard (p<0,001).

Chez les hommes l’augmentation de l’indice de masse corporelle (IMC) a été en moyenne de 1,14+/-0,24 kg/m2 à 3 mois et de 2,02+/-0,36 kg/m2 à 16 mois.

Pour les femmes, l’augmentation de l’IMC a été de 1,04+/-0,30 kg/m2. Cette prise de poids était principalement liée à une augmentation de la masse grasse dans les deux sexes.

Trois mois après la SSTP les symptômes de la maladie, évalués au moyen de l’UPDRS (Unified Parkinson Disease Rating Scale, part III) étaient améliorés de 60,7+/-2,9 % en moyenne, dans l’état «off » par rapport au traitement de référence. Par ailleurs, les troubles moteurs se sont considérablement amendées : d’une part, la durée des dyskinésies (82,2+/-19 %, p<0,0001), d’autre part, la durée des périodes «off» (92,7+/-18,8 % ; p<0,0001).

Certes, la SSTP s’avère bénéfique en cas de MPI réfractaire à la pharmacothérapie, à la fois sur le plan symptomatique et moteur. Le prix à payer serait une augmentation de l’IMC qui peut aboutir à une surcharge pondérale, voire à une obésité. Il importe de comprendre les mécanismes pathogéniques sous-jacents pour développer des stratégies adaptées. En attendant, il faut instaurer un  régime et lutter contre la sédentarité.

Dr Giovanni Alzato

Référence
Bannier S et coll. : Overweight after deep brain stimulation of the subthalamic nucleus in Parkinson disease: long term follow-up. Neurol Neurosurg Psychiatry 2009; 80: 484-488.

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