Prise en charge de l’IDM aigu aux Etats-Unis, mieux vaut être riche…

On dispose de peu de données, aux Etats-Unis, concernant l’impact du statut socio-économique sur les stratégies thérapeutiques mises en œuvre dans l’infarctus du myocarde (IDM) aigu et on ignore également quelles sont les conséquences du choix du traitement sur le pronostic.
C’est cette méconnaissance qui a poussé Matetic et coll. à tenter de répondre à ces interrogations à partir des données de toutes les hospitalisations enregistrées entre 2004 et 2014 au niveau du registre National Inpatient Sample.

Les informations portant sur le revenu moyen du foyer ont été classées en 4 quartiles croissant du quartile de revenu le plus faible au quartile de revenu le plus élevé.

Une analyse de régression logistique a été utilisée pour déterminer l’association éventuelle entre le revenu moyen et, d’une part, le traitement choisi pour l’IDM, d’autre part, le pronostic hospitalier.

C’est ainsi qu’au total, 6 603 709 hospitalisations pour IDM aigu ont été passées en revue.

Les patients qui se situaient dans le groupe de revenu le plus faible avaient davantage de comorbidités, un profil de risque cardiovasculaire (CV) plus défavorable et étaient plus souvent des femmes.

Moins de coronarographies et moins d’angioplasties quand le revenu est faible

La décision d’une prise en charge invasive de l’IDM aigu a différé significativement selon les quartiles (les plus bas ou les plus élevés) du revenu moyen. Ainsi, et surtout en présence d’un IDM aigu avec sus-décalage du segment ST, les patients du groupe de revenu le plus faible avaient moins de chances de bénéficier d’une coronarographie (63,4 % vs 64,3 % ; p < 0,001) et d’une procédure interventionnelle coronaire percutanée que les patients du groupe de revenu le plus élevé (40,4 % vs 44,3 % ; p <0,001).

En analyse multivariée, c’est dans le groupe de patients à revenu moyen le plus élevé (comparé au groupe de patients à revenu moyen le plus bas) que le pronostic a été le meilleur : moindre risque de décès (odds ratio ajustés [ORa] 0,88 ; intervalle de confiance [IC] 95 % : 0,88 à 0,89), d’événements CV majeurs (ORa 0,91; IC 95 % : 0,91 à 0,92) et d’accident vasculaire cérébral ischémique (ORa 0,90 ; IC 95 % : 0,88 à 0,91) ; cependant, les patients du groupe revenu le plus élevé étaient exposés à un risque significativement accru de saignement de toute cause (ORa1,08 ; IC 95 % : 1,06 à 1,09).

Ainsi, en présence d’un IDM aigu, les stratégies thérapeutiques invasives sont moins souvent utilisées chez les patients dont le revenu moyen est le plus faible et ce choix est associé à un pronostic hospitalier plus défavorable. Cette étude a le mérite de mettre l’accent sur les différences de traitement de l’IDM aigu aux Etats-Unis. Elle tient à souligner l’importance d’assurer à tous les patients une égalité à l’accès aux soins et ce, quels que soient leurs revenus.

Dr Robert Haïat

Référence
Matetic A et coll. : Socioeconomic Status and Differences in the Management and Outcomes of 6.6 Million US Patients With Acute Myocardial Infarction. Am J Cardiol., 2020 ; 129 : 10-18.

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