Procès Mediator : passe d'armes entre un ancien responsable de l’agence du médicament et le ministère public

Paris, le mercredi 15 janvier 2020 - Débuté en septembre, le procès fleuve du Mediator doit se poursuive encore jusqu’au mois d’avril. Plusieurs des auditions tant des responsables des laboratoires Servier que de ceux de l’Agence du médicament ont conduit les uns et les autres à se renvoyer la faute. Les déclarations hier du professeur Philippe Lechat, directeur de l’évaluation des médicaments au sein de l’AFSSAPS de 2007 à 2012 n’ont pas fait exception. Comparaissant pour homicides et blessures involontaires, le praticien a affirmé peu connaître le médicament avant que le docteur Irène Frachon n’en dénonce les effets secondaires. Il a estimé que cette ignorance était révélatrice des opérations de "dissimulation" et de "camouflage" des laboratoires Servier. « Si le médicament avait été correctement positionné, on aurait pu faire fonctionner correctement le système de pharmacovigilance » a-t-il encore expliqué rappelant comment pendant des années les laboratoires avaient pris soin de présenter officiellement leur médicament comme un anti diabétique alors qu’il était largement prescrit comme un "coupe faim" (ce que justifiait sa formulation), sous la pression, selon lui, notamment des conseils des visiteurs médicaux.

Pas assez perspicace

La défense du responsable de l’AFSSAPS a cependant été jugée un peu courte par le procureur qui lui a rappelé qu’il avait lui-même admis pendant l’instruction que de manière logique tous les laboratoires défendaient leurs produits et que les laboratoires Servier s’étaient montrés dans cet exercice particulièrement efficace. Le professeur Lechat n’a pas contredis ces déclarations et a admis que l’AFSSAPS avait manqué de perspicacité. Une tentative d’excuse qui a été assez sévèrement reprochée par le Procureur qui a souligné : « Vous vous rendez compte que l'on a perdu dix ans. C'est difficile à comprendre pour les patients ».

M.P.

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Vos réactions (1)

  • Piètre excuse

    Le 16 janvier 2020

    Alors que j'étais étudiant , je savais déjà que le Médiator° n'était qu'un coupe faim, apparenté aux amphétamines, et qu'aucun diabétologue ne m'avait jamais recommandé !
    Voici un pompier qui a du mal à reconnaître de la fumée !
    Dr F. Chassaing

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