Professionnels, vos vaccinations sont-elles à jour ?

Paris, le mercredi 28 septembre 2011 – Le lancement officiel la semaine dernière de la campagne de vaccination contre la grippe saisonnière a été l’occasion, une nouvelle fois, de souligner le caractère décevant de la couverture vaccinale contre la grippe des professionnels de santé. De fait, selon l’enquête nationale Vaxisoin, menée en 2009 auprès de 183 médecins, 110 infirmiers, 58 sages femmes et 101 aides soignants dans une trentaine d’établissements, seuls 55 % des médecins ont déclaré s’être faits vacciner contre la grippe pendant l’hiver 2008/2009, 24 % des infirmières, 22,6 % des sages femmes et 19,5 % des aides soignantes soit une couverture globale ne dépassant pas 25,6 %.

Grippe : l’exception qui ne confirme pas la règle

Ces mauvais résultats sont cependant heureusement loin de refléter l’attitude générale des soignants à l’égard de la vaccination en général. L’enquête Vaxisoin publiée la semaine dernière par l’Institut national de veille sanitaire (InVS), et qui faisait également l’objet d’une présentation dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de ce 27 septembre, met en effet en évidence le fait que les professionnels de santé répondent plutôt bien aux obligations vaccinales qui les concernent. Par ailleurs, la légendaire hostilité des soignants non médecins à l’égard des vaccins semble être une idée reçue, tout au moins en ce qui concerne les immunisations obligatoires… (et si l’on exclue le cas particulier de la grippe).

Vaccination contre l’hépatite B : on ne le dit pas, mais on le fait !

Première enquête permettant de mieux déterminer les couvertures vaccinales chez les professionnels de santé en France, Vaxisoin menée par l’équipe de Jean-Paul Guthman au sein de l’InVS met en effet clairement en évidence la différence entre les vaccinations obligatoires chez les professionnels de santé et les simples recommandations. Les premières sont en effet particulièrement bien respectées : une vaccination complète par l’hépatite B dûment confirmée a en effet été recensée chez 91,7 % des professionnels interrogés. A cet égard, on note que les infirmières (90,9 %) et les aides-soignantes (95,9 %) comptent parmi ceux qui appliquent le mieux les obligations, tandis que seuls 76,7 % des médecins sont dûment protégés ! Autre particularité probablement liée aux polémiques qui ont entouré la vaccination contre l’hépatite B : spontanément, les soignants déclaraient une couverture bien plus basse que ce qui a finalement été constatée après vérification de différents documents (65,9 % vs 91,7 %). Cette attitude était plus fréquente chez les infirmières et aides soignantes.

Vaccinations obligatoires : des médecins indisciplinés

Plus élevée encore est la couverture vaccinale confirmée contre la diphtérie, le tétanos et la polio (DTP). Le taux de soignants dont le dernier rappel s’est révélé à jour atteint 95,5 %. Ici encore, les médecins font figure d'élèves indisciplinés avec une couverture ne dépassant pas 86 %, tandis que 99,7 % des sages femmes, 99 % des aides soignantes et 93,9 % des infirmières sont protégées. Enfin, un tableau similaire se dégage lorsqu’on s’intéresse à la vaccination par le BCG dont la couverture atteint 94,9 %. Les praticiens sont une fois encore en queue de peloton avec un taux de vaccination de 76,8 %, contre 94,8 % chez les infirmières, 99,6 % pour les sages et femmes et 99,7 % pour les aides-soignantes. Face à ces différents résultats, les auteurs de l’étude notent que si les obligations paraissent bien respectées, ils regrettent que les niveaux constatés ne soient pas « optimaux ».

Les sages femmes sont sages (elles !)

Pas toujours scrupuleux lorsqu’il s’agit de se plier aux obligations, les médecins se montrent plus observants quand l’acte n’est que recommandé… tout du moins par rapport aux autres soignants. De manière générale cependant, les couvertures vaccinales sont très médiocres lorsque la vaccination n’est qu’une recommandation : elle ne dépasse pas 49,7 % concernant la rougeole (sur la base de déclarations), 29,9 % pour la varicelle, et 11,4 % pour la coqueluche ! Les vaccinations contre la rougeole et la coqueluche sont moins fréquentes chez les infirmières que chez les médecins : seuls 8,4 % des infirmières se déclarent protégées contre la rougeole ! En outre, pour l’ensemble de ces vaccinations, les sages femmes font souvent figure d’exception : 92,7 % d’entre elles sont protégées contre la rougeole, 85,2 % déclarent avoir reçu une vaccination contre la varicelle (contre 11,5 % des médecins !) et 43,8 % (seulement !) contre la coqueluche.

Faire confiance aux jeunes pour relever le niveau

A ces résultats, les auteurs ajoutent différentes précisions soulignant notamment que « comparé aux soignants des CHU, les soignants des cliniques chirurgicales et chirugico-obstétricales étaient moins bien vaccinés par le vaccin contre l’hépatite B ». Ils regrettent par ailleurs que manquent les preuves de vaccination notamment en ce qui concerne les vaccinations non obligatoires.

Enfin, nous soulignerons, à ceux qui se montreraient très alarmés du faible niveau de vaccination des professionnels contre la rougeole ou la coqueluche, que les jeunes recrues paraissent mieux protégées.

Aurélie Haroche

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article