Prudence avec les AINS en cas de pneumonie communautaire !

Les AINS sont fréquemment prescrits en pratique quotidienne en cas de pneumonie aiguë communautaire, notamment pour réduire la réponse inflammatoire locale, la fièvre et la douleur. De plus, en améliorant la vascularisation pulmonaire, ils sont susceptibles d’améliorer les échanges gazeux pulmonaires. Mais ce bénéfice attendu ne se retrouve pas dans les études épidémiologiques qui montrent, au contraire, une augmentation globale de la fréquence des pleurésies communautaires compliquées chez les utilisateurs d’AINS (un risque multiplié par 2,57 avec l’ibuprofène par exemple). D’autres études ont confirmé que l’exposition récente aux AINS était, en population pédiatrique, un facteur associé à la survenue d’une complication (le risque est multiplié par 1,9 à 4,0). Le même constat vaut pour l’adulte, principalement chez les nouveaux utilisateurs. Ce que les auteurs expliquent par une augmentation du délai entre le début des symptômes et l’admission, ainsi qu’entre le début des symptômes et l’antibiothérapie. « Le fait que le paracétamol ne soit pas impliqué semble suggérer un effet propre aux AINS » a signalé Damien Basille (Amiens) qui ajoute que c’est probablement aussi parce que les AINS bloquent la réponse inflammatoire aiguë et donc la réponse immunologique qu’ils sont responsables de l’augmentation de fréquence des complications liées aux pneumonies communautaires. Ce sont les patients plus jeunes avec moins de comorbidités et les nouveaux utilisateurs qui sont le plus à risque, sans qu’il n’y ait cependant d’impact sur la morbidité, a-t-il conclu.

Dr Dominique-Jean Bouilliez

Référence
Basille D : AINS et Pneumopathies aiguës communautaires. 24ème Congrès de Pneumologie de Langue Française (Paris) : 24-26 janvier 2020.

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Vos réactions (1)

  • L'inflammation est la première ligne de défense

    Le 10 mars 2020

    L'inflammation est la première ligne de défense dans les infections; elle est bruyante, douloureuse, mais nécessaire et incontournable.
    Traiter les symptômes de la maladie sans évaluer le retentissement global de ce que l'on fait n'est jamais un bon plan.

    Dr Jean-Jacques Perret

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