Psychiatrie et psychanalyse : Darwinisme et créationnisme sont-ils compatibles ?

Paris, le samedi 11 janvier 2020 – Aujourd’hui encore la psychanalyse occupe une place particulière au sein de la psychiatrie française. Pour certains, l’approche psychanalytique a contribué à la persistance de représentations dogmatiques et caricaturales de certaines pathologies. La prise en charge de l’autisme a ainsi longtemps été marquée par des présupposés qui faisaient du lien « mère-enfant » la principale cause de la pathologie et de son évolution, culpabilisant les mères et limitant pour les enfants l’espoir d’une amélioration. Les effets délétères de ces discours sont largement dénoncés et d’autres méthodes concurrencent aujourd’hui ces prises en charge au mieux inefficaces au pire dangereuses. Cependant, la psychanalyse est encore aujourd’hui très présente au sein de la psychiatrie française, en particulier en pédopsychiatrique. C’est ce que déplorent sans nuance dans nos colonnes Sophie Robert et un collectif de professionnels de santé. Réalisatrice ayant dans « Le Mur » mis en évidence les dérives de la psychanalyse dans la prise en charge de l’autisme, Sophie Robert a été récemment à l’origine d’une tribune soutenue par plus d’une soixantaine de psychiatres et de psychologues demandant que les experts se réclamant de la psychanalyse ne puissent plus intervenir dans les affaires judiciaires.

Pour le JIM, les mêmes auteurs dénoncent la perpétuation des « liaisons dangereuses » entre psychiatrie et psychanalyse.

Le JIM publie cette tribune qui offre un point de vue clair et argumenté. Cependant, par souci du contradictoire il ouvrira volontiers ses colonnes à des avis divergents et n’ignore pas que dans une certaine mesure, mais restreinte, la psychanalyse, bienveillante, a été longtemps la seule discipline à accepter de s’intéresser aux enfants autistes autrement qu’en proposant des traitements médicamenteux.

Par Sophie Robert* et le collectif Justice sans psychanalyse

Dans cette vidéo (1) destinée à illustrer le « mandat transgénérationnel », un couple consulte pour le retard de langage de leur petit garçon de 5 ans, probablement atteint d’un trouble du spectre autistique (TSA). Commentant cette séance édifiante, les Pr Bernard Golse (ancien chef du service pédo-psychiatrie de l’hôpital Necker) et Serge Lebovici nous apprennent qu’un secret de famille serait à l’origine du problème. Pendant 40 minutes les parents sont infantilisés et questionnés de façon inquisitrice, leurs propos interprétés systématiquement à charge, pour qu’enfin ils lâchent la « révélation » : le père ne connait pas l’identité de son père, c’est ce qui expliquerait les retards de développement de son troisième enfant. Cette séance est une leçon de cruauté.
 
Dans un document édifiant intitulé « Le loup anal et les 3 petits cochons » (2) le Pr Pierre Lafforgue responsable de l’Hôpital de jour la Pomme Bleue à Bordeaux, développe ce qu’il présente comme un modèle de conte thérapeutique pour traiter les enfants autistes. Il s’appuie sur des références ethnographiques populaires pour faire une analogie entre le cochon, la sexualité et l’enfant « psychotique ». Les éducateurs sont invités à manipuler les enfants, et les laisser jouer avec leurs selles, les enfants à péter, prononcer des mots grossiers, cette scatologie débridée étant supposée remplir une fonction thérapeutique.
 
Cette autre vidéo (3) est extraite d’une conférence sur l’autisme donnée par le Dr Jean-Robert Rabanel, responsable thérapeutique de l’Institut médico-éducatif de Nonette. Il y affirme que « le sens de la maladie c’est d’éviter l’autre » raison pour laquelle avec les autistes « moins on en fait mieux ils se portent ». Il conseille aux éducateurs de laisser les enfants autistes toute la journée dans les recoins des bâtiments, puis il fait rire l’assistance en imitant les difficultés d’élocution de certains résidents.

Faites ce que je dis, pas ce que je fais

Ces pédopsychiatres ont en commun d’être influents et de se référer à la psychanalyse. Leurs propos sont une honte pour la psychiatrie.
 
Depuis plusieurs décennies, la majorité des psychiatres-psychanalystes caricaturent les imperfections de la psychiatrie médicale pour rejeter toute nosographie et tout traitement non psychanalytique des pathologies. Ils contestent ostensiblement l’usage de psychotropes mais n’hésitent pas à les faire prescrire par leurs confrères, quitte à pré rédiger les ordonnances. Faites ce que je dis, pas ce que je fais.
 
La psychiatrie est violemment critiquée, au bénéfice de la psychanalyse considérée comme seule réponse « humaniste » au monstre qu’ils ont eux-mêmes créé : une psychiatrie réduite au triptyque pyjama bleu, pièce de contention et camisole chimique.
Ceci pendant que les psychiatres engagés dans des traitements psychothérapeutiques cognitifs et comportementaux, la pair-aidance et le soutien des familles, sont vilipendés au motif qu’ils feraient du « dressage de singes ».
 
Devant les tribunaux, les mêmes produisent des expertises au jargon psychanalytique incompréhensible et ridicule. La seule option thérapeutique serait de restaurer l’autorité paternelle mise à mal par les mères « crocodiles ». A bas le DSM, vive la forclusion-du-nom-du-père. Nombreux sont les experts psy persistant à incriminer la mère du handicap de son enfant, parfois sans même daigner la rencontrer.
 
Tel autre conclut systématiquement au mensonge des mères protectrices et à l’affabulation des enfants victimes de violences sexuelles, enfants qu’il refuse pourtant d’expertiser au motif qu’il n’est pas pédo-psychiatre… Car au pays des aveugles les borgnes sont rois : certains psys s’enorgueillissent d’être respectables parce qu’ils s’expriment en français alors que sur le fond ils ne font que recycler les mêmes vieilles lunes psychanalytiques : accuser les mères de tous les maux et culpabiliser les victimes de violences sexuelles pour dédouaner les criminels.
Faut-il rappeler qu’avoir une mère aimante et protectrice n’est pas une cause de pathologie mentale ? En revanche avoir un père violent/meurtrier/drogué/alcoolique/emprisonné pour pédo criminalité, sont des facteurs de souffrance et de pathologie ?

Syndrome d’aliénation parentale et de Munchäusen par procuration : épidémies françaises

La littérature médicale atteste de près de deux cent cas de Syndrome de Münchausen Par Procuration dans le monde. Curieusement en France, il en naîtrait plusieurs par jour sous la plume des experts psychanalystes. L’adjonction de médicaments étant ici remplacée par l’inconscient maternel.
De même, aucun autre pays au monde que la France ne fait un usage aussi pléthorique du Syndrome d’Aliénation Parentale, régulièrement utilisé pour décrédibiliser la parole des victimes de violences sexuelles. Ce syndrome non reconnu par la communauté psychiatrique internationale a été rejeté de longue date par les facultés de médecine et les ministères de la santé du Royaume-Uni, du Canada, des USA. L’inventeur du SAP, Richard Gardner, était ouvertement pro pédophile. Si le SAP et le SMPP prolifèrent en France c’est parce que leur rhétorique est identique à celle des psychanalystes : accuser les enfants de projeter des fantasmes œdipiens sur les auteurs de violences, accuser les mères protectrices de tous les maux, au nom d’une idéologie patriarcale indigne de la médecine.
 
Freud était médecin mais il est attesté de longue date par les historiens que ses présentations de cas ont été totalement frauduleuses.
Freud n’a pas découvert l’inconscient ni inventé la psychothérapie. Il se les est appropriés pour en faire quelque chose de spécifique, situé en dehors du champ de la médecine, raison pour laquelle il défendait l’analyse profane, pratiquée par des non médecins, au motif que la psychanalyse aurait découvert des lois supérieures aux lois de la médecine.
Lacan était psychiatre, mais s’il a prétendu investir le champ des psychoses, il n’a jamais présenté le moindre « cas » à l’appui de ses théories. En revanche, il a très lucidement déployé sa doctrine dans les facultés de lettres, de philosophie et de théologie.
 
La psychiatrie française est aujourd’hui malade, mais ce n’est pas uniquement d’un manque de moyens. Elle est malade de ce que la psychiatrie n’est pas plus compatible avec la psychanalyse que le darwinisme ne l’est avec le créationnisme.
 
*Auteure de la tribune www.justicesanspsychanalyse.com

Le JIM vous invite à visualiser ces deux vidéos et à lire ce texte pour vous faire votre opinion sur ces approches:
 
1. https://youtu.be/98wC1166csQ
2. http://www.revue-institutions.com/articles/14/Document2.pdf
3. https://www.youtube.com/watch?v=uZrLtWTX7Dc&feature=youtu.be

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Vos réactions (26)

  • On se sent très mal en tant que médecin

    Le 18 janvier 2020

    La psychiatrie est plus malade que les patients qu’elle prend en charge à quelques exceptions près. En plus du manque de formation éthique elle reste moyenâgeuse dans ses prises en charge et sur le terrain les patients sont des addicts aux différentes drogues lobotomisés socialement, non reinserables la plupart du temps à charge aux confrères généralistes de relayer les thérapeutiques... Là on les trouve utiles...oui cette consœur a raison on ne devrait plus fermer ainsi les yeux sur l’indignité que cela représente pour notre profession pour les malades il serait souhaitable d’oser faire un manifeste d’indignation et recréer une charte d’ethique par les vraies autorités psychiatriques s’il y en a encore.

    Après plusieurs décennies d’exercice la peine reste identique devant les malades psychiatriques avec encore plus de difficultés par manque de moyens tant humains que matériels alors que leur nombre va croissant on se sent très mal en tant que médecin et humain.
    Merci chère consœur.

    Dr Esther Lasfargues

  • Psychanalyse et expertises judiciaires

    Le 18 janvier 2020

    Au prix d’exagérations et d’une sélection soigneuse des faits, ce qui est rapporté n’est pas faux.
    On pourrait faire une contre-polémique, par exemple sur l’autisme, en parlant des Centres ABA, de leur maltraitances des professionnels et des autistes que leurs parents peuvent retirer de ces Centres, parfois avec une demande de judiciarisation.

    Ferait-on pour autant avancer les connaissances et les pratiques ?

    Dr Antoine Hibon, Psychiatre

  • 40 ans de retard !

    Le 18 janvier 2020

    Mon fils autiste né en 1979 a subi ainsi que les parents que nous sommes l’emprIse d’une pédopsychiatrie envoûtée par la psychanalyse Lacanienne et Bethelheimienne au détriment d’une médecine prônée déjà à l’époque par l’école nord américaine et belge (Theo Peters) honnie par les Pedo psychiatres de l’époque à tél point que la seule équipe sensée française de Tours (Pr Lelord puis Sauvage puis Barthélemy -récemment enfin saluée-) était interdite de stage par les patrons de psychiatrie des années 80.
    Nous avons contribué à m’élaboration d’une véitable sémiologie de l’autisme grâce à cette remarquable école que vous ne saurons jamais trop remercier.

    Nous avions 20 ans de retard en 80. Nous en avions 40, 20 ans plus tard.
    Il faudra un jour que le procès de la pédopsychiatrie soit fait. Des médecins honnêtes avoueraient leurs erreurs. Mais nous avons eu à faire à des illuminés endoctrinés et sectaires qui avaient seuls toute la main mise sur l’autisme qui ne pouvait être due qu’à une mauvaise mère.

    Dr V

  • De quel côté sont les "représentations dogmatique et caricaturales?"

    Le 18 janvier 2020

    Polémique, simpliste mais surtout violente et dysqualifiante vis à vis de milliers de professionnels qui ont pris en charge et prennent encore en charge les enfants et leur famille dans le souci d'apporter aide et soulagement, je suis étonnée que le JIM publie un tel article sans au minimum demander un contrepoint à des professionnels médecins ou psychologues.

    Mais que cette dame se rassure: le nombre de pédopsychiatres a été diminué de 50% en 10 ans seulement sur la France entière et plus de 55% de ceux qui exercent encore ont plus de 55 ans.
    Il y a à ma consultation de pédopsychiatre (d'orientation et de référence psychodynamique, je l'assume avec fierté) plus de 50 enfants et familles en attente de consultation en permanence et mon cas est loin d'être isolé, témoignant de l'intérêt des familles pour une approche humaniste de la souffrance de leurs enfants.

    Que cette dame se rassure encore: la classification DSM établie et imposée par les Etats-Unis est largement dominante de fait, même en pédopsychiatrie. Les classifications françaises, plus subtiles et prenant en compte la dimension évolutive de l'enfant et des références psychopathologiques sont de moins en moins employées.

    Votre "combat" est d'arrière garde Madame, et s'il y a aujourd'hui un combat à mener, ce serait celui de redonner la parole aux enfants, d'instaurer des mesures de protection qui en soient véritablement et d'augmenter le nombre de professionnels à même d'entendre cette parole.

    Dr Françoise Fericelli

  • Sale temps pour les gourous..

    Le 18 janvier 2020

    Il faut des années d'étude de médecine pour qu'on vous réclame de pousser une seringue d'euthanasie et 3 mois de psychanalyse pour être sacré psychanalyste soi-même. Des similitudes avec le fondement de l'homéopathie peuvent apparaître à certains esprits certainement trop cartésiens et pire trop scientifiques.

    La psyché, dernier rempart ésotérique contre l'acceptation de désordres physiologiques encore méconnus est certes une trouvaille qui tient du génie. À l'inverse penser que la psychanalyse soigne un cerveau malade avec un cerveau malade aidé par un cerveau qui s'estime rafistolé est une négation des forces de l'esprit. C'est aussi une négation des grands esprits qui s'y sont intéressés. Après tout on continue à citer les philosophes grecs qui croyaient en leurs dieux et méconnaissaient deux continents sur cinq et certains remettent au menu du jour Hidegarde de Bingen. Le besoin de spriritualité est-il une maladie mentale ?

    Dr Pierre Castaing

  • Pourquoi insulter le Moyen-Age ?

    Le 18 janvier 2020

    J'ai fait partie de la dernière génération de neuro-psychiatre (1970...) et je considère que l'apprentissage de la neurologie avec sa séméiologie rigoureuse a été en ce qui me concerne un bienfait dans l'exercice exclusif de la psychiatrie que j'ai ensuite pratiqué : j'ai échappé à la psychanalyse ! On parle de l'autisme et on ne dira jamais assez les ravages faits par ces enragés lacano-freudiens dans ce domaine ; ayant été psychiatre d'adulte, je pourrais en dire autant des hystériques : vous êtes une femme, vous avez des plaintes quelconques, on ne cherche pas à comprendre et à chercher des signes (si, il y a une séméiologie de l'hystérie !) et vous en prenez pour dix ans si votre porte-feuille vous le permet. Et on se moque de la saignée et des purgations...De quel droit ?

    Dr Jean Pierre Huber

  • De la psychanalyse à la "pédophilie consentante"...

    Le 18 janvier 2020

    Dans les années 68/70 de très nombreux "intellectuels" défendaient la pédophilie consentante... C’est le cas de Gabriel Matzneff mais aussi celui de Françoise Dolto dont on retrouve notamment la signature à côté de celle de Gabriel Matzneff dans une lettre ouverte adressée à la Commission de révision du code pénal en faveur de la pédophilie consentante.

    Les écrits de certains professionnels de l'enfance d'orientation psychanalytique, notamment ceux qui faisaient figure d'autorité en matière d'intérêt de l'enfant, ont donc permis de contextualiser la pédophilie (consentante) dans les années 68/70, bien que c'était interdit par le code pénal, déjà à cette époque. Vous trouverez les propos de Françoise Dolto dans : L’enfant, le juge et la psychanalyste, La cause des adolescents, sa lettre ouverte à la commission de révision du code pénal en faveur de la pédophilie consentante, l’interview de Françoise Dolto dans le n°44 de Choisir la cause des femmes…

    Voici deux extraits non exhaustifs mais éloquents (SIC!) : « Les enfants ont des désirs pour les adultes, ils piègent les adultes à cause de ça. Ils n’ont que ça à penser, à provoquer l’adulte. » (L’enfant, le juge et la psychanalyste – Page 84) ou bien : « « Ce n’est pas parce qu’un tel tu le connais et qu’il est tellement gentil que tu vas accepter tout ce qu’il te propose. Mais tu peux être attiré par quelqu’un de plus âgé et qui s’intéresse à toi. Si ça te fait plaisir, qu’est-ce qui t’en empêche, c’est pas ton père… Si c’est ton père, c’est défendu, si c’est un monsieur ami de papa et qui veut être aussi ton ami, il n’y a pas de mal à cela si tu désires toi-même ce qu’il désire. Mais apprends à le connaître, ne hâte rien. » On n’a pas à interdire les relations entre les adolescents et les adultes sauf s’il y a inceste. Le reste ne devrait pas être pénalisé. » (La cause des adolescents - Troisième partie - Chapitre 15).

    Il a été soulevé par bon nombre de partisans de la psychanalyse que Françoise Dolto n’a pas été comprise... qu’elle ne parlait que de l'inconscient et que cela n’a rien à voir avec une justification de la pédophilie…(!) Pourtant dans La cause des adolescents, Françoise Dolto se lâche clairement : « Regardez ces lieux de vie qui ont tous été des lieux de pédérastie, avec les meilleurs psychiatres pédophiles, pédérastes. En même temps ils ont des esclaves (je veux dire les éducateurs) qui leur permettent de comprendre ce monde d’enfants. Ils sont aussi fragiles car ce sont les enfants délinquants qui les manœuvrent. » (La cause des adolescents - Deuxième partie, Chapitre 9).

    Avec la meilleure volonté du monde et la plus grande mauvaise fois comment peut-on imaginer un seul instant qu’il puisse s’agir de propos décrivant l'inconscient ? Les livres de Françoise Dolto cités ici sont des ouvrages grand-publics. Il n'est donc pas nécessaire d'avoir fait des études supérieures pour les comprendre.

    La majorité des experts judiciaires en matière de psychiatrie est d'orientation psychanalytique. Certaines universités se vantent d'ailleurs elle-mêmes de proposer des DU d'expertise judiciaire avec spécialité psychanalyse ! Aujourd’hui en 2020, de nombreux médias, les PMI, les crèches, les maternelles et l'aide sociale à l'enfance considèrent encore Françoise Dolto comme une grande figure de la psychologie de l'enfant et s'appuient toujours sur ses idées et celles de la psychanalyse. De nombreux psychologues, psychiatres, professionnels de la petite enfance et des experts judiciaires s'appuient toujours sur la psychanalyse et sur les écrits de Françoise Dolto dans leur pratique quotidienne.

    Pierre Laroche

  • Tachons d’être plus nuancé

    Le 18 janvier 2020

    La psychanalyse n’est qu’un outil dont a pu s’emparer la psychiatrie, parfois à tort et avec excès, à une époque où la société et les théories dominantes écrasaient de leur mépris et de leurs préjugés les « malades mentaux ».

    Il est certain que n’importe quel outil ou concept (ce que sont les différentes théories que vous évoquez pour leur méfaits ou leur espoir - seul le temps le dira) peut être détourné ou utilisé abusivement dans des indications inappropriées ; c’est toute l’histoire de la médecine.
    Avec une telle hargne, un tel ressentiment, de telles certitudes, chaque jeune procureur d’aujourd’hui aurait pu être un defendeur il y a 40 ans ; question de perspective et de temps.

    Tachons d’être plus nuancé et d’être plus vigilant aux toujours possibles égarements des solutions d’aujourd’hui.
    Pour mémoire c’est la mise en œuvre de certains aspects de la psychanalyse, plus institutionnelle, qui a permis de mettre en partie fin à un enfermement asilaire qui voyait dans la pathologie psychiatrique une forme de dégénérescence neurologique non rééducable.

    Vous n’avez peut être pas connu cela, mais ce fut un combat bien difficile, parfois à un lieu des CHU qui ne gardaient pas ces patients (autistes ou pas).
    Une réflexion scientifique amnésique sans autre ambition que de condamner ce qui a précédé fait le lit d’un certain dogmatisme .. et des mêmes erreurs.

    Dr Pascal Bourdon

  • La haine de Freud, c'est la haine de soi-même

    Le 18 janvier 2020

    Cet article est un tissu d'ignominie.
    Toute personne accoutumée à l'observation psychanalytique sait et comprend qu'il ne suffit pas d'écrire psychanalyste sur le front de quelqu'un fut-il médecin et surtout pas un médecin, pour qu'ils le devienne. Tous les thérapeutes dont vous parlez sont des malades mentaux, qui détruisent les enfants qu'on leur confie en toute connaissance de cause, disons simplement par narcissisme. Remarquer que tous sont psychiatres.
    Il est plus facile de critiquer Freud, et de le rejeter, que de le lire et de le comprendre. Pour ne parler que de lui, et à mon sens, tous ceux qui l'ont suivi et certains qui l'ont précédée non poursuivie que leur propre cure, souvent au détriment de leurs patients. Il a reconnu lui-même pas être innocent en cela. À chacun d'entre nous, une analyse bien menée, et même une auto-analyse bien menée renvoie une image, souvent tout simplement intolérable. Il est plus facile de broyer des enfants fragiles quels qu'ils soient. Et leurs parents bien sûrs.
    Tout ce qui est excessif est insignifiant. Mais la haine de Freud, c'est la haine de soi-même, et l'amour inconsidéré du vieux barbu c'est l'amour de soi-même. Pseudo psychanalyste délirant, et ennemi farouche de la théorie de l'inconscient, même combat : détruire les enfants pour alimenter notre ego. Quelle bande de cons vous faites. Je voudrais ou vous haïr mais je n'ai pas la force. Je me contente de vous plaindre, les uns comme les autres. C'est déjà bien pénible. Mais il n'y a pas de pardon en ce qui concerne les enfants.
    « De l'analyse profane » Sigmund Freud .. ça n'est pas long du tout et c'est écrit gros

    Dr Michel Alessandri

  • L'inconscient est-il diabolique?

    Le 19 janvier 2020

    A lire la charge outrancière contre les psychiatres-psychanalystes, on s'interroge sur les racines de cette rage.
    La psychiatrie est désertée car tous les psychiatres qui écoutent et cherchent décrypter pour aider enfants et parents sont lassés de ces attaques; ils en ont assez d'être brocardés et interdits de penser.
    Quelques soient les approches, il reste un paradigme incontourné à ce jour vivre avec la folie divise, altère. La folie fait peur, fait mal, la folie rend fou.

    Dr Isabelle Gautier




  • Avec Dolto, la/le psychanalyste remplace avantageusement le médecin traditionnel

    Le 19 janvier 2020

    Avec Dolto, la/le psychanalyste remplace avantageusement le médecin traditionnel :
    « Dans mes analyses, je constate toujours l'apparition d'angines au moment où le patient travaille l'époque orale, car l'angine est une réaction à l'abandon. Je crois que c'est un symptôme exprimant le désir du sujet d'appeler quelqu'un qui ne viendra pas. La gorge se serre au lieu même où elle voudrait appeler cette personne absente. »
    « En ce qui concerne les otites, beaucoup de pédiatres ont constaté que les enfants les contractent très souvent pour ne pas entendre certaines paroles. Quand il est possible de remonter dans ce qui s’est passé, nous retrouvons fréquemment qu’il s’agit de paroles ayant touché ce petit être humain à un point tout à fait vif de sa structure amoureuse ou aimante et que ces paroles auraient du entrer en conflit avec l’être aimé de ce moment-là » (Séminaire de psychanalyse d’enfants. Tome I. Seuil, 1982, p. 213)
    « Vous savez que la mort subite du nourrisson survient très souvent lorsqu'ils avalent leur langue, comme si la souffrance et la solitude les poussaient à vouloir retourner à la vie fœtale. » (Dolto, F. & Nasio, J.-D., L’enfant du miroir. Éd. Rivages, 1987, p. 12).

    Jacques Van Rillaer

  • La " belle indifférence " d'imposture...

    Le 19 janvier 2020

    Il y existe suffisamment d'Ouvrages Scientifiques sur la Psychiatrie pour ne plus avoir à perdre son temps avec les-dites "théories psychanalytiques"...

    Et, mis à part cet artéfact grammatical :
    " Il se les est appropriés... "
    ... je suis en plein accord avec Sophie Robert* (*Auteure de la tribune www.justicesanspsychanalyse.com).

    Nous avons bien d'autres choses à apprendre et enseigner en Psychiatrie, que ces " pseudo-théories psychanalytiques " qui ont surtout eu comme invitation, celle de nous encombrer l'entendement ; bref d'avoir à " SQUATTER nos Espaces Mentaux " de façon la plus hermétique, sans la clarté ni le discernement nécessaires à la compréhension de tous et, d'abord à ceux à qui nous le devons tant : à nos patients !

    Il est clair que la "psycho-compréhension" est une voie désormais plus que nécessaire.

    Et nous ne la devrons jamais à la ténébreuse, hermétique et " toute-pensante " psychanalyse...

    Et, si vous alliez jeter un oeil sur les publications scientifiques autorisées ?...

    Dr Frédéric Lascoutounax

  • En fin de texte, en fin de compte

    Le 19 janvier 2020

    “Mitis depone colla, Sigamber ; adora quod incendisti, incende quod adorasti”

    Donc, vous lire jusqu'au bout, bien sur. S'étonner d'équivaloir la psychiatrie et le darwinisme, la psychanalyse et le créationnisme. Mais pourquoi pas ? Puis constater, somme toute. Pas plus de deux lignes de Lacan, que l'on peut critiquer, dialectiser, vilipender, pourquoi pas, n'ont été lues. Dès sa thèse, il développe un cas de psychose. Toute sa vie, il aura continué. C'était sa voie d'abord.
    Que reste-t-il à la fin du texte? Un point de haine. Et quand même d'ignorance.
    Et l'on se met à souhaiter que la fureur se mute en tons plus pastels. Dans les années à venir. Pour vous. Mais pas que.

    Dr Frédéric Sales

  • La guerre absurde...

    Le 20 janvier 2020

    Je pensais que de nos jours les guerres furieuses et les contentieux entre écoles de soins étaient en voie de disparition, époque tout de même ou par ex on a pu montrer que des mots des images ou des vécus pouvaient provoquer dans le cerveau et les productions hormonales et donc dans le corps les mêmes effets que des produits chimiques ingérés comme des médicaments...qu'à l'inverse aussi des produits chimiques pouvaient impacter les pensées ou les représentations mentales...et donc que la parole ou le médicament pouvaient concourir à une meilleure santé psychique ou physique. Le bon sens serait de reconnaître les apports des uns et des autres et surtout l'intérêt de se servir des diverses possibilités existantes...des dérives, des erreurs ,des exagérations et même des délits_delires, des maltraitances ont existé (et quand elles existent encore faut les comprendre et les dénoncer bien sûr) dans tous les camps...mais ne pas reconnaître l'apport de la psychanalyse et tout rejeter est une absurdité.,comme le serait celle de rejeter, malgré les aléas excessifs passés (et sans doute encore présent de la psychiatrie tout medoc chimique-tout institution,sans présence humaine suffisante et quasi sans parole) les apports de la recherche en psychiatrie, en neurologie (Comme on peut dénoncer, à mon sens,les expériences de stimulation intensive que subissent certains enfants autistes qu'on transforme en objets mécanisés)...

    J'ai pris la peine de regarder la vidéo 1...l'article dit "enfant probablement atteint d'un trouble du spectre autistique" or avant même que les 2 psy répondent à cette question dans la vidéo je me suis dit "mais il n'est pas autiste ce gamin!"Il comprend ce qu'on lui dit, il joue avec du symbolique, à juste 3 ans il est propre,etc...il a un retard de langage et s'isole.. bon ...des symptômes dont ils cherchent à comprendre l'origine...comme tout médecin. En fait le Dr Lebovici montre comment il agit dans une première consultation et comment il interprète ce qu'il s'y passe...avec beaucoup de précautions d'ailleurs il dit souvent " je crois,je pense, il me semble". Il interroge les parents beh bien sûr ! C'est pas de la cruauté de l'infantilisation ni de l'Inquisition mais des informations nécessaires d'une part pour envisager différentes pistes de compréhension, des questions de base qui,dans cette séance, bousculent certes parce qu'elles mettent à jour un souci, un non dit, un inconnu, une souffrance, mais ce n'est pas, comme présenté dans l'article de la cruauté en vue "de lacher la révélation" mais il se trouve que quelque chose d'important se révèle, ce qui est tout à fait différent ! C'est plutôt le résultat et révélateur de la compétence et l'expérience du psychotherapeute en l'occurrence...ils ne disent pas "c'est pour cela que cet enfant ne parle pas comme une vérité absolue" ils établissent un lien qui de fait s'est mis à nu dans cette séance d'une façon flagrante. A charge ensuite comme ils le proposent aux parents de travailler ensuite en thérapie ce lien et sans doute d'autres. D'aider le père pour aider l'enfant dans sa propre communication...tout ceci pour dire que sans avoir vu les vidéos suivantes, celle ci,que j'ai personnellement trouvée très intéressante, au contraire de m'horrifier😊, discrédite plutôt pour moi les propos de l'article...

    Simone Milesi

  • Une plaidoirie populiste convaincante pour son public

    Le 20 janvier 2020

    J’ai vu à Marseille le film de Sophie Robert. Une discussion s’ensuivit. L’auditoire était acquis et la jubilation était de mise. Impression étrange de me trouver dans une tribune de supporters du PSG lors d’un Classico, bouillants, déchaînés.
    On connaît le prétexte du film, la collecte de témoignages de psychanalystes répondants apparemment en toute confiance à la journaliste tisse la trame d’une plaidoirie populiste convaincante pour son public. Pour qui apprécie le cinéma, ce n’est pas un grand film. Pour qui s’intéresse à la vie psychique, c’est presque drôle. Un dessin animé s’intercale entre les thèmes abordés. On y voit la descente aux enfers de deux patients qui consultent une psychiatre qui pratique la psychanalyse et prescrit des médicaments. Elle les dépouille et les aggrave. Heureusement l’amour les sauve et libérés ils sautent d’un pont de la Seine. Plus loin on voit deux cétacés heureux qui bondissent et s’éloignent. La liberté passerait par sauter d’un pont de la Seine et trouver notre bestialité? C’est apparemment le message de ce film. Sautez d’un pont en vous déshumanisant!

    Je suis psychiatre de liaison, exerçant en milieu hospitalier depuis 30 ans. La disparition de l’enseignement de la psychopathologie au profit des neurosciences produit des générations d’internes rompus au maniement des molécules et aux psychothérapies courtes mais qui dans l’immense majorité des cas ne sait pas s’adresser autrement aux patients que comme médecins spécialistes de maladies mentales et non comme spécialistes de la pathologie psychique, c’est à dire à considérer l’histoire de la maladie avant celle du malade. Je suis heureux de les aider à transformer des entretiens mitraillette en entretiens d’écoute.

    Je suis psychanalyste et heureux d’aider nombre de patients venus en dernier secours à mon cabinet pour progressivement ne plus prendre aucune molécule et à leur permettre de renouer avec le succès.

    Dr Hervé Aubin

  • Incompatibilité de la psychiatrie et de la psychanalyse

    Le 20 janvier 2020

    Tout d'abord merci pour l'article de Sophie Robert car il est difficile d'aborder la question de la psychanalyse sans que les psychanalystes (dont c'est après tout le gagne pain) ne réagissent vivement. Le combat frontal n'a donc pas grand intérêt car comment faire changer de croyance quelqu'un qui a toujours vu en Freud ou Lacan les donneurs des clefs qui ouvrent les portes de l'inconscient qu'ils ont inventé ?

    Heureusement que la psychiatrie comme les autres domaines de la médecine a beaucoup progressé depuis l'analyse profane. Là où les psychiatres avaient peur de l'annonce diagnostic du fait du mauvais pronostic des maladies mentales, de nouvelles modalités du soin sont apparues avec pour visée le rétablissement du patient. Là où avec l'inconscient freudien on se contentait de donner du sens (parfois le plus farfelu) pour nourrir des "vignettes cliniques" on s'attache maintenant à réparer les troubles cognitifs et les biais interprétatifs qui en découlent par des techniques éprouvées sur le plan scientifique. Il est dommage que l'enseignement de la psychanalyse occulte encore ces avancées sous le faux prétexte de la liberté d'un "sujet" qu'elle seule pourrait défendre si les "méchants" cognitivistes ne l'en empêchaient pas. Heureusement, la parole se libère, et il s'éloigne le temps où la "psychanalyse apparaissait comme technique de gestion de l'inceste infantile et de tous ses effets perturbateurs dans l'espace familial" (Michel Foucault, "Les anormaux", cours du 12 mars 1975, Paris, Gallimard, Le Seuil, p. 257).

    Dr Jean-Paul Kornobis

  • Accablant d'ignorance et de mauvaise foi

    Le 21 janvier 2020

    Comment qualifier autrement cet amoncellement de clichés (de comptoir) ? Se servir d’erreurs (excusables en leur temps) pour discréditer une méthode qui fait ses preuves depuis plus d’un siècle est un procédé malhonnête témoignant juste de l’ineptie de cette minable diatribe.

    Pourquoi opposer la bonne psychiatrie et la méchante psychanalyse ? Psychiatre ET psychanalyste, je refuse de tout mélanger, et réserve la prescription à ceux qui savent mieux la manier que moi.

    Ne confondez pas les zozos se prétendant analystes après quelques mois de divan avec ceux qui se sont imposé une formation difficile, longue et coûteuse en temps, argent et énergie.

    Venant de gens censés avoir terminé leurs études supérieures, tant d’ignorance et de mauvaise foi stupéfient.

    Alexandre Krivitzky, psychiatre ET psychanalyste SPP.

  • Tristes tentatives de "mécanismes de défense"

    Le 22 janvier 2020

    Bravo pour votre fabuleuse capacité à apporter réponse salvatrice, là où la Médecine Psychiatrique aurait tant échoué :
    " Je suis psychanalyste et heureux d’aider nombre de patients venus en dernier secours à mon cabinet pour progressivement ne plus prendre aucune molécule et à leur permettre de renouer avec le succès." (Dr Hervé Aubin)

    Bravo pour vos révélations sur une théorie sans faille (ancienne, donc incontestable) :
    " ...pour discréditer une méthode qui fait ses preuves depuis plus d’un siècle. "...." Venant de gens censés avoir terminé leurs études supérieures, tant d’ignorance et de mauvaise foi stupéfient..."(Alexandre Krivitzky, psychiatre ET psychanalyste SPP).

    Je rappelle humblement, qu'une théorie qui souffre la contradiction et, surtout les logiques évolutives qui s'imposent à son endroit, peut conserver l'appellation de théorie scientifique, le reste n'étant que piteuse foutaise.

    Dr Frédéric Lascoutounax

  • Tribune étonnante...

    Le 23 janvier 2020

    Tout d'abord, je suis vraiment étonné que le JIM publie une tribune à charge contre l'ensemble de la psychiatrie française, des psychiatres français, et des pédo-psychiatres français en particulier. Comment peut-on prendre l'exemple de quelques professionnels, probablement excessifs et dogmatiques (et encore, c'est l'avis de l'auteure : sur quels arguments?), pour généraliser les pratiques de l'ensemble d'une profession, ou tout au plus des psychiatres se revendiquant de "confession" psychanalytique ?

    De plus, et là je suis peut-être jugeur à mon tour, comment une personne qui n'a aucune formation professionnelle ne serait-ce que proche du métier de psychiatre, ou de celui de psychanalyste, peut se permettre de se revendiquer juge de la pratique des psychiatres, de la psychiatrie et des psychanalystes en France, à fortiori, au regard des pratiques de la psychiatrie dans d'autres pays, qu'elle se devrait dès lors de maîtriser ?

    Alors, oui je ne suis qu'infirmier (en pédo-psychiatrie) et, peut-être, que je me mêle de ce qui ne me regarde pas, mais comment peut-on être aussi clivant, affirmatif, et généraliser à ce point après avoir interviewé quelques professionnels, probablement choisis pour la teneur des propos qu'ils ont l'habitude de tenir ?

    J'ai croisé ou travaillé avec de nombreux psychiatres et psychologues, ayant été formé ou non à la psychanalyse, et il y avait probablement autant de professionnels très compétents, ou moins compétents, dans les deux "paniers".

    N'oublions pas que la profession de médecin, somaticien ou psychiatre, est soumise à la même règle que toute autre profession : tous ne sont pas compétents, ou au moins pas aussi compétents les uns en comparaison des autres. Doit-on alors dire des mécaniciens qu'ils sont tous incompétents (ou fou, pervers, sadiques, pédophiles... puisque c'est cela qui est suggéré dans ce texte ou, plus généralement, dans le combat que mène cette dame), parce que nous avons tous eu un jour une voiture mal réparée?

    Rappelons-nous que la psychanalyse est un outil, un prisme supplémentaire pour essayer de comprendre le psychisme et ses pathologies. Aucune personne s'y étant formée n'est obligée, ou ne se doit d'utiliser que cet outil de manière exclusive. Est-ce qu'il vous viendrait à l'esprit d'utiliser un marteau pour peindre ou écrire sous prétexte que vous êtes formé à son utilisation?

    J'aime à voir la psychanalyse comme un "éclairage", parmi d'autres, sur ce qui ce passe "la haut".

    Jean Matteacci

  • Petite Renarde Rusée

    Le 24 janvier 2020

    Il existe des choses étranges dans les destinées humaines, des entrelacs, tout un réseau, pauvre de nous.
    Alors nos causes, vous en tirez une, tout vient avec...
    C'est un travail impossible, la cause des vies, comment s'y retrouver.
    La psychiatrie moderne purifiée s'y attelle, et nous offre la psychiatrie simplifiée, tout y a une cause ultime, le cerveau puis, plus loin, les gènes.
    Saisissant. Les destinées humaines s'y retrouvent à grand peine dabs ces listes.
    La petite renarde rusée ridiculise les corbeaux de la psychanalyse pontifiante, lâchant leur fromage dont elle nourrit ensuite les victimes des 40 ans dans le désert de l'Erreur.

    Le problème est quand même que cette psychiatrie des descriptions édifiantes peine à rendre compte du patient travail dans la durée, surtout dans la chronicité des difficultés, et les troubles mentaux sont très souvent chroniques, 10,20,30,50 ans. Les petits autistes deviennent des adultes autistes, des vieillards autistes s'ils résistent sans succomber (on meurt jeune dans l'autisme).
    Tenir 50 ans avec un cerveau comme seul bagage, bonne chance pour le psychiatre. Alors on doit bien réinventer un au delà du cerveau, un au delà muet car non soutenu par les sachants de la discipline renouvelée.

    Dr Gilles Bouquerel

  • Une philosophie mais PAS une science

    Le 25 janvier 2020

    Il n'y a pas de "haine de Freud" ni de "combat d'arrière garde" à souhaiter que la psychanalyse soit complètement et définitivement évacuée des tribunaux. La psychanalyse, c'est une philosophie si on veut, mais n'est PAS une science. A partir de là la question ne se pose pas, elle n'a pas à être utilisée comme expertise scientifique justifiant la condamnation d'êtres humains. Point final.

    Chacun à le droit d'y croire ou de ne pas y croire, et même de la pratiquer, ce n'est pas un soucis. Mais pas dans une expertise scientifique.

    Il ne viendrait à l'idée de personne de demander à un prêtre, un marabou ou un philosophe de juger l'état mental d'une d'une personne jugée... Il n'y a qu'en France qu'on prétend encore le faire avec des psychanalystes.

    Julien Caillat

  • Freud ne prenait pas en traitement les autistes

    Le 27 janvier 2020

    Attention à ne pas jeter le bébé toujours prometteur avec l'eau du bain souillée par négligence et bêtise. Freud ne prenait pas en traitement les autistes et la psychanalyse ne peut au mieux ne prendre en compte que les pathologies psychogènes.

    La mode aujourd'hui consiste à se prévaloir des concepts tirés de la psychanalyse tout en la condamnant. Le comble de l'imposture est qu'il ne suffit pas de voler l'œuvre, encore faut-il tuer l'auteur. La psychanalyse reste la somme la plus consistante, complète et cohérente pour comprendre le fonctionnement psychique, sans exclure d'ailleurs mais en synergie avec les neurosciences et psychiatrie dont les objets sont complémentaires.

    Réduire, caricaturer voire calomnier l'autre n'est pas la meilleure façon de démontrer sa vérité supposée, ni d'en appeler à l'émotion. C'est contraire à l'esprit même de la science.
    Quiconque a des oreilles pour entendre sait combien la découverte et les concepts freudiens ont infusés toutes les sciences humaines avec profit.

    Par ailleurs constatant dans ma pratique le nombre considérables de sujets en souffrance psychique dont l'état a été empiré quelquefois jusqu'à la catastrophe par les charlatans exerçant librement les techniques à la mode trop souvent promues dans des publicités abusives, on pourrait penser qu'il y mieux à faire pour la santé psychique que resasser des faiblesses imaginaires d'une discipline en prenant une partie (extérieure du reste) pour le tout.

    Le progrès va avec la synergie et la compréhension globale, pas dans l'idéologie ni la surenchère.
    Personnellement j'assume et je suis fier des "vies subjectives retrouvées" par la grande majorité des patients au bout d'une psychothérapie analytique ou d'une analyse. Ils en témoignent du reste spontanément et le prouvent en retrouvant raison de vivre, activité professionnelle et vie familiale ou sociale "ordinaire" et reconnectée à la réalité.

    Le véritable objet de toujours de la psychanalyse n'est pas vraiment l'autisme.
    Laisser les psychiatres et psychanalystes ou autres intervenants s'étant confrontés à l'autisme s'expliquer et proposer leurs conclusions serait infiniment plus productif.
    Le succès de presse n'est pas une preuve, loin de là.

    Toute personne sensée qui sait encore entendre peut constater à quel point la psychanalyse, la vraie a diffusé positivement la découverte freudienne et ses concepts à toutes les sciences humaines au profit de tous et de manière irréversible, comme fonctionne le progrès, irréversible mais toujours améliorable. Le comble de l'imposture est qu'il ne suffit pas de piller l'œuvre, encore faut-il tuer l'auteur, et on s'y acharne.
    Ici pour attaquer encore la psychanalyse, on prend une partie (imaginaire d'ailleurs car l'autisme est loin d'être l'objet central de la psychanalyse) pour le tout et on cherche à faire jeter le bébé toujours prometteur n'en déplaise, avec l'eau du bain.

    Affirmer n'est pas prouver, la presse est certainement le pire moyen de preuve et plus encore quand elle appelle à l'émotion, ça fait vendre mais ça prouve rien.

    Le progrès n'est pas à attendre des luttes intestines ou idéologiques, mais de la synergie calme et tranquille des recherches scientifiques menées simultanément par psychiatrie, neurosciences et psychanalyse (ou plus généralement psychologie).
    La psychanalyse est certainement la somme de connaissances la plus complète, cohérente et compréhensible offerte pour saisir le fonctionnement psychique.
    Je comprends mal que "psychologies" jette ainsi en pâture les psychanalystes à partir d'une généralisation abusive et quasi hors sujet.
    Il y a mieux à faire pour la santé mentale et lutte contre la souffrance psychique en commençant par cesser de promouvoir les innombrables "techniques à la mode" qui cachent autant de charlatans dont je mesure dans ma pratique de psychothérapeute et psychanalyste les effets catastrophiques qu'il faut ensuite aider à réparer. Pourquoi ne pas exiger le titre de psychothérapeute pour exercer la psychothérapie, voilà une vraie question.
    Pour dénoncer les impostures théoriques 'Psychologies' devrait s'intéresser plutôt à la théorie du genre et à la confession de son promoteur avouant avoir écrit par idéologie, sans véritable recherche ni preuve scientifique, un scandale s'il en est.

    Gérard-Louis Vincent

  • Donne moi ton cv, je te dirai qui tu es

    Le 27 janvier 2020

    J'invite les lecteurs de cette tribune à consulter le cv de Sophie Robert et à faire le compte des Dr en médecine dans les signataires de la pétition qui prétend réunir les signatures de professionnels de santé . Encore une Jeanne d'Arc, doublée d'une ignorante sans diplôme à la tête d'une croisade . C'est la mode, dirait-on.

    Dr Yves Darlas

  • "Freud ne prenait pas en traitement les autistes", pour sûr !...

    Le 27 janvier 2020

    Le problème fut bel et bien celui de la définition du dogme de la soi-disant toute-puissante "psychogenèse" ; je vous demande ce que vous entendez par-là (et grand merci pour votre appréciation de la "négligence et bêtise... sic) !

    " Attention à ne pas jeter le bébé toujours prometteur avec l'eau du bain souillée par négligence et bêtise. Freud ne prenait pas en traitement les autistes et la psychanalyse ne peut au mieux ne prendre en compte que les pathologies psychogènes..."

    Le propre (ou plutôt le sale...) de la "psychogenèse", c'est le début de certains charlatanismes qui auraient prétention à faire force de loi, notamment dans nos TJ... Et, lorsque l'objet du délit serait détourné de son non-sens !

    " Le comble de l'imposture est qu'il ne suffit pas de voler l'œuvre, encore faut-il tuer l'auteur. La psychanalyse reste la somme la plus consistante, complète et cohérente pour comprendre le fonctionnement psychique, sans exclure d'ailleurs mais en synergie avec les neurosciences et psychiatrie dont les objets sont complémentaires..."

    Grand merci également pour avoir réservé une simple "place complémentaire" dans votre argutie, aux Neurosciences ainsi qu'à la Psychiatrie !

    Quant à devoir "voler l’œuvre du cher-maître", renvoyez-vous d'abord à Stirner ou Mesmer, dont ce dernier s'inspirât tant, entre autres...

    Dr Frédéric Lascoutounax

  • S. Robert contre la psychanalyse, tout contre...

    Le 31 janvier 2020

    Pas plus qu’elle n’est une religion ou une philosophie, la psychanalyse n’est une science. Sur le plan épistémologique, son discours en constitue même l’envers, contre science selon Foucault. Elle est autre et voilà ce qui fâche les naturalistes contemporains, lesquels détestent ce qui échappe à leurs méticuleux classements. Tel est le cas de S. Robert dont la tribune publiée ici est un bijou d’analogies douteuses, de généralisations hâtives et autres raccourcis simplistes. Si la psychanalyse est, au même titre que d’autres disciplines, tout à fait critiquable, alors que celle-ci le soit raisonnablement, soit avec d’autres arguments que la somme de préjugés ramassés ici. Là où serait attendue une fine articulation entre pratique clinique et réflexion épistémo-éthique inscrite dans une histoire des sciences et des idées, c’est bien l’inverse qui nous est délivré par l’auteure de cette grotesque tribune. Dénuée de pratique clinique et de formation tant médicale que philosophique, S. Robert assène sa haine de tout un pan de la pensée occidentale qu’elle cherche à faire bannir des universités et des lieux de soins et il est, à cet égard, inquiétant – voire même quelque peu suicidaire – que le JIM relaie un telle entreprise de censure.

    Thomas de Castelbajac

  • A propos de trois cas !

    Le 01 février 2020

    En 40 ans je n'ai eu que trois patients psychanalysés pour des pathologies psychiatriques plus handicapantes que graves.
    Aucun n'a pu répondre à la question "Vous sentez vous mieux?" suivie de "Pensez vous aller vers un mieux?"
    Les rares psychanalystes que j'ai côtoyés discutaient plus de ma personne que de mes arguments même sur des sujets non médicaux.

    Dr Robert Chevalot

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