Quand il est plus facile d’ouvrir un dossier médical personnel…que de s’inscrire sur Jim !

Paris, le mercredi 29 novembre 2006 – Internet est devenu un vaste champ de mots de passe. Si cette généralisation des codes d’accès peut parfois attiser une certaine exaspération, elle est tout à fait acceptée lorsqu’il s’agit de protéger des informations confidentielles. On ne s’étonnera pas alors de devoir remplir de nombreuses formalités informatiques et de multiplier les identifiants a priori abscons avant de voir s’ouvrir le Sésame espéré. Dans le cadre de l’expérimentation du dossier médical personnel, chacun s’attendait donc à de telles démarches.

 

Un identifiant et un mot de passe identique

 

Pourtant, l’un des six consortiums choisis pour mener à bien l’expérience pilote, Santénergie (Bull, Siemens et EDS) a opté pour la simplicité. Sur les quatre sites dont est chargé cet hébergeur informatique (Pays de Loire, Basse Normandie, Limousin et Midi-Pyrénées), l’ouverture d’un DMP avant le 21 novembre ne nécessitait nullement le passage par un quelconque site sécurisé et l’obtention d’un compte unique pour chaque adresse IP. Au moment de son adhésion, le patient recevait le plus simplement du monde un identifiant et un mot de passe. La légèreté de la formule aurait pu être nuancée par la complexité de ces deux codes d’accès. Deux médecins, exerçant l’un en Mayenne et l’autre en Loire Atlantique ont démontré qu’elle était inexistante. L’identifiant n’était en effet rien d’autre que les cinq premières lettres du nom de l’assuré, suivies des deux premières lettres de son prénom, ajoutées au chiffre 1 ou 2 en cas d’homonymie. Quant au mot de passe, il s’est révélé être la réplique exacte de l’identifiant ! Alerté par les deux praticiens de cette bévue, le groupement d’intérêt public chargé de la mise en place du DMP (GIP-DMP) a immédiatement sommé Santénergie de « stopper l’accès patient et de remédier à ce problème ». Le consortium épinglé a affirmé le 24 novembre que son « plan correctif » a été activé en urgence.

 

Quel sort réserver à l’expérimentation du DMP dans les quatre régions concernées ?


Pourtant, ce lundi 27 novembre, la Fédération des utilisateurs de logiciels médicaux (FULMEDICO) qui observe toujours avec malice les différents déboires du lancement du DMP, rapporte selon les informations qui lui ont été transmises par le portail d’information des habitants des Pays de la Loire (Planet Santé) que malgré la génération de nouveaux codes, l’accès patient restait indisponible et l’accès professionnels de santé n’était accessible qu’aux seuls médecins libéraux. Face à cette situation, FULMEDICO s’interroge quant à la légitimité pour un médecin « d’accéder et de rajouter des documents aux DMP des sites expérimentaux des Basse Normandie, des Pays de Loire, du Limousin et de Midi-Pyrénées ». Une rencontre doit aujourd’hui réunir le GIP-DMP, Santénergie et les représentants des quatre régions concernées afin de déterminer la suite à donner à cet incident.


A.H.

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