Quand la chaleur monte aux Etats-Unis

Les épisodes de chaleur extrême se multiplient du fait du changement climatique qui tend à s’accentuer au cours de ces dernières années. Des études antérieures, le plus souvent limitées aux milieux urbains, notamment les métropoles, suggèrent l’existence d’une association significative entre la chaleur extrême et la mortalité cardiovasculaire CV. Cependant, le nombre des décès cardiovasculaires associés à ces coups de chaud aux États-Unis est loin d’être parfaitement connu, de même que l’impact de l’âge, du genre et de l'ethnie sur ces derniers.

Les niveaux d'indice de chaleur quotidien maximal dans chacun des 3 108 comtés étatsuniens inclus dans l’analyse ont été précisés pendant les mois d'été (de mai à septembre) et les taux de mortalité cardiovasculaire mensuels ont été estimés chez les adultes âgés d’au moins 20 ans, ceci entre 2008 et 2017. Pour chaque comté, a été identifié un jour de chaleur extrême marqué par un indice de chaleur maximal d’au moins 90°F (32,2 °C) et situé dans le 99e percentile de cette variable au cours de la période de référence (1979-2007). Les données ont été traitées à l’aide d’un modèle du type régression de Poisson à effets fixes, le nombre mensuel de jours de chaleur extrême étant la variable d'intérêt, cependant qu’ont été prises en compte des variables environnementales, économiques, démographiques et liées aux soins de santé.

Près de 6 000 décès CV supplémentaires entre 2008 et 2017

Chaque jour supplémentaire de chaleur extrême a été associé à une majoration du taux de mortalité cardiovasculaire mensuel de 0,12 % (intervalle de confiance à 95 % IC 95 %, 0,04 %-0,21 % ; p = 0,004). Les épisodes de chaleur extrême cumulés au cours de la période de l’étude ont été associés à une surmortalité cardiovasculaire qui s’est traduite par un nombre supplémentaire de décès estimé à 5 958 (IC 95 %, 1 847-10 069).

Dans les analyses de sous-groupes, la chaleur extrême a eu des effets plus délétères en termes de mortalité cardiovasculaire chez les hommes que chez les femmes (+ 0,20 % [IC 95 %, 0,07 %-0,33 %]) et il a en été de même chez les adultes noirs comparativement aux adultes blancs, non hispaniques dans les deux cas de figure (+0,19 % [IC 95 %, 0,01 %-0,37 %]).

En valeur absolue, la surmortalité cardiovasculaire a été plus forte chez les sujets âgés (> 65 ans), comparativement aux tranches d’âge inférieures, soit +16,6 [IC 95 %, 14,6-31,8] décès supplémentaires pour 10 millions d'individus et par mois.

Cette étude confirme la nocivité cardiovasculaire des jours de chaleur extrême, aux Etats-Unis comme dans d’autres pays. Entre 2008 et 2017, ces épisodes de surchauffe auraient été à l’origine de près de 6 000 décès d’origine cardiovasculaire, le tribut payé à la chaleur dépendant cependant de l’âge, du gerne, ou encore de l’ethnie. Avec l'augmentation inexorable des épisodes de chaleur extrême au fil des années, cette surmortalité cardiovasculaire risque fort de s’accroître et les disparités entre les sous-groupes sociodémographiques pourraient bien encore se creuser.

Dr Catherine Watkins

Référence
Khatana SAM et coll. : Association of Extreme Heat and Cardiovascular Mortality in the United States: A County-Level Longitudinal Analysis From 2008 to 2017. Circulation 2022 (21 juin) : publication avancée en ligne. DOI;0:10.1161/CIRCULATIONAHA.122.060746

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