Quand les enfants sont traumatisés par les attentats

Jérusalem, le lundi 15 mars 2004 - Des centaines de personnes ont été la cibles d'attentats aveugles en Israël depuis le début de l'Intifada. Parmi elles, de nombreux enfants, âgés d'à peine quelques mois où bientôt sortis de l'adolescence. Une équipe de chercheurs menée par le docteur Esti Galili-Weisstub, directrice de l'unité de psychologie pédiatrique à l'hôpital Hadassah de Jérusalem, a étudié les conséquences de ces attentats sur l'esprit ces jeunes enfants. Les dossiers de 280 enfants amenés aux urgences de l'hôpital d'Hadassah, victimes de 24 attentats, ont été étudiés, tandis que les comportements de 140 enfants âgés de six mois à seize ans ont été plus particulièrement observés. Il est alors apparu aux auteurs de l'enquête que le syndrome de stress post-traumatique touche la moitié des jeunes victimes, qui peuvent présenter soit des troubles importants du sommeil ou du comportement, soit des symptômes dépressifs, soit ressentir d'importantes angoisses, tandis que d'autres refusent de se rendre dans les lieux publics ou d'emprunter les transports en commun. Selon le docteur Esti Galili-Weisstub, ces résultats révèlent que les enfants développent plus souvent un syndrome de stress post-traumatique après un attentat qu'après d'autres catastrophes, tels les accidents de voiture. A titre de comparaison, une étude menée auprès d'enfants israéliens victimes d'accidents de voiture avait révélé que 15% souffraient par la suite du syndrome de stress post-traumatique. La différence s'expliquerait, aux dires du docteur Esti Galili-Weisstub, par la fréquence des attentats : «Le taux post-traumatique est environ trois fois plus élevé que dans les autres cas. Nous pensons que c'est parce qu'il ne s'agit pas d'un événement isolé ». La gestion des troubles psychologiques liés aux attentats, notamment chez les plus jeunes, est à l'origine de la création de nombreuses structures en Israël. L'hôpital d'Hadassah a ainsi ouvert depuis le mois de juillet 2002 une clinique spécialisée dans le traitement de ces enfants. De nombreux problèmes restent cependant à résoudre : ce type d'établissement prenant en effet rarement en charge les enfants qui ont été témoins de ces attentats ou ceux ayant perdu des proches dans ce type d'attaques. © Copyright 2004 http://www.jim.fr

L.C.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article