Quantifier l’inflammation de la plaque carotidienne par la TEP-FDG

L’inflammation de la plaque athéromateuse signe son caractère évolutif, au point de constituer un marqueur pronostique capable de prédire le risque d’AVC ou d’évènements compliquant une maladie coronaire. Il existe une technique non invasive capable de visualiser, voire de quantifier in vivo cette anomalie : il s’agit de la tomographie par émission de positons (TEP) couplée à la tomodensitométrie, et réalisée après injection IV d’un analogue du glucose, le 18F-fluorodéoxyglucose (FDG) qui est capté par les cellules inflammatoires.

Cette exploration d’imagerie moléculaire permet-elle d’évaluer le risque d’AVC lié à un hypermétabolisme localisé de la paroi carotidienne ? C’est à cette question que répond une étude de cohorte prospective intitulée BIOVASC (Biomarkers/Imaging Vulnerable Atherosclerosis in Symptomatic Carotid disease) dans laquelle ont été inclus des patients au profil particulier : d’une part, notion d’accident ischémique ou d’AVC récent, d’autre part sténose carotidienne connue à l’origine de l’évènement précédent. La FDG-TEP-TDM centrée sur la région cervicale a permis de mesurer sur les coupes transaxiales la captation carotidienne du FDG sous la forme du SUVmax (maximum standardized uptake value) chez 109 patients. Une corrélation a été recherchée entre les valeurs mesurées et les AVC récidivants survenus avant ou après la TEP, en dehors de toute procédure de revascularisation, le suivi étant de 90 jours.

Corrélation entre degré de captation et risque de récidive

Après ajustement en fonction des facteurs de confusion potentiels (âge, sexe, sévérité de la sténose carotidienne, diabète, tabagisme, hypertension et traitements), une analyse multivariée a mis en évidence une relation entre le SUVmax (en g/ml) et toutes les récidives d’AVC, survenues avant ou après la TEP, le hazard ratio (HR) correspondant pour 1 g/ml étant estimé à 2,2 (intervalle de confiance à 95 %, IC 1,1-4,5 ; p = 0,025). Ces résultats rejoignent ceux de deux études antérieures regroupant au total 87 patients. Si l’on réunit ces dernières à l’étude BIOVASC pour constituer une cohorte globale de 196 participants, le nombre total de récidives d’AVC s’élève à 37, dont 29 survenues avant la TEP et 8 après celle-ci. Le SUVmax de la plaque carotidienne était plus élevé en cas de récidive (p < 0,0001 dans tous les cas et p = 0,009 pour les AVC après la TEP. Au sein de cette cohorte, le HR ajusté et poolé atteint 2,19 (IC, 1,41-3,39 ; p < 0,001) quel que soit le moment de la récidive et 4,57 (IC, 1,5-13,96 ; p = 0,008) quant aux récidives post-TEP.

L’inflammation de la plaque athéromateuse à l’origine d’un AVC semble constituer un biomarqueur prédictif du risque de récidive. La FDG-TEP-TDM permet de quantifier l’inflammation locale au travers du SUVmax, à condition de disposer d’un scanner haute résolution permettant de définir clairement les contours vasculaires à l’étage cervical. Il importe de confirmer ces résultats encourageants par des études prospectives de plus grande envergure avant de conclure plus avant.

Cette technique pourrait également s’avérer précieuse en recherche clinique et thérapeutique pour évaluer objectivement les effets de traitements capables de juguler l’inflammation pariétale.

Dr Philippe Tellier

Référence
Kelly PJ et coll. Carotid Plaque Inflammation Imaged by 18F-Fluorodeoxyglucose Positron Emission Tomography and Risk of EarlyRecurrent Stroke. Stroke. 2019 ; 50(7): 1766-1773.

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Vos réactions (1)

  • Corrélation ...

    Le 11 octobre 2019

    Un corrélation n'est pas un élément déterminant ... juste informatif.

    Dr Jean-Marie Larlet

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