Qu’apporte l’IRM 3T pour le diagnostic de SEP ?

L’IRM a une place centrale dans le diagnostic de sclérose en plaques (SEP). Cette place s’est trouvée notamment renforcée lors de la révision en 2010 des critères de McDonald offrant la possibilité d’affirmer la dissémination spatiale et temporelle de la maladie grâce à l’imagerie. Ces critères ne spécifient cependant pas la technique d’acquisition recommandée. L’IRM 3T (tesla) améliorant la détection des lésions spécifiques de la SEP, juxtacorticales et périventriculaires, un consensus d’expert a recommandé son usage à visée diagnostique. En l’absence de trauvaux démontrant un apport réel de l’IRM 3T comparé à l’IRM 1,5T, le groupe européen MAGNIMS a imaginé une étude multicentrique pour répondre à cette question.

Au cours de cette étude 66 patients présentant un syndrome cliniquement isolé (CIS) ont été recrutés et ont passé de manière concomitante un IRM1,5T et 3T.  Ces examens ont ensuite été répétés à 3-6 mois et 12-15 mois si les patients n’avaient pas fait de nouvelles poussées. Vingt-six contrôles ont également été inclus. Les IRM étaient ensuite centralisées et lues par 3 radiologues expérimentés qui ont déterminé le nombre de lésions, la dissémination temporelle et la dissémination spatiale telles que définies par les critères de McDonald révisés en 2017.

Les critères de McDonald pas plus souvent remplis

Au total 32 patients ont été évalués 3 fois, 19 ont évolué vers une sclérose en plaques remplissant les critères de McDonald et 15 ont été perdus de vue.  L’IRM 3T permettait de détecter un nombre plus  important de lésions T2 périventriculaires, juxtacorticales et au sein de la substance blanche profonde. Néanmoins, l’IRM 3T n’améliorait pas la détection des lésions T2 sous-tentorielles et de la moelle, ni la détection des lésions T1 rehaussées par le gadolinium. Malgré cette augmentation du nombre de lésions T2 retrouvées dans des zones bastions de la sclérose en plaques, la sensibilité diagnostique n’était pas accrue. Ainsi les critères de dissémination temporelle et spatiale n’étaient pas plus souvent remplis avec l’IRM 3T qu’avec celle à 1,5T. Cette absence de différence était retrouvée aussi bien initialement qu’au cours du suivi.

Ces résultats démontrent le faible apport diagnostique de l’IRM 3T dans la sclérose en plaques. Cette étude n’aborde cependant pas le suivi des patients avec une SEP déjà diagnostiquée chez lesquels la meilleure détection de nouvelles lésions par l’IRM 3T pourrait permettre des ajustements thérapeutiques précoces.

Raphaël Bernard-Valnet

Référence
Hagens et coll. Three-Tesla MRI does not improve the diagnosis of multiple sclerosis. Neurology 2018 ; 0 :e1-e9.

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