Que faire en cas de résistance à l’aspirine ?

Il a été bien démontré que, dans certaines situations (angioplasties coronaires, syndrome coronaires aigus, voire plus simplement en prévention secondaire) l’association aspirine-clopidogrel est  supérieure à l’aspirine seule pour la prévention des événements ischémiques cardiovasculaires.
Une équipe turque s’est penchée sur le problème de la résistance à l’aspirine et a cherché à déterminer la meilleure attitude à adopter dans un tel cas : augmenter la dose d’aspirine ou ajouter du clopidogrel ?

Un groupe de 151 patients coronariens diabétiques (type 2) recevant quotidiennement 100 mg d’aspirine a été constitué.

Des tests ex vivo d’agrégation des plaquettes ont été réalisés pour chaque patient à la recherche d’une résistance à l’aspirine. Les sujets étaient considérés comme non répondeurs en cas d’agrégation plaquettaire moyenne ≥ 69 % avec l’adénosine diphosphate (3 μmol/l) et ≥ 70 % avec le collagène (2 μmol/l). Ils étaient dits semi-répondeurs lorsqu’un seul des deux tests était positif.

Les non répondeurs et les semi-répondeurs ont alors été randomisés pour recevoir chaque jour soit 300 mg d’aspirine soit 100 mg d’aspirine associés à 75 mg de clopidogrel.

Les test d’agrégation plaquettaire ont été refaits après deux semaines de traitement.

Les résultats indiquent que 40 % des patients (n : 60) avaient une résistance à l’aspirine selon les critères précisés ci-dessus.
Les deux schémas proposés (augmentation de la dose d’aspirine à 300 mg/j ou adjonction de 75 mg de clopidogrel chaque jour) se sont avérés efficaces pour améliorer le niveau d’inhibition de l’agrégation plaquettaire (p < 0,0001 pour chaque). Il semble cependant que le niveau souhaité d’anti-agrégation plaquettaire ait été plus fréquemment obtenu en ajoutant 75 mg de clopidogrel chaque jour qu’en augmentant la dose quotidienne d’aspirine à 300 mg (p < 0,05).

Cette étude suggère donc que, chez les coronariens diabétiques, le niveau d’anti-agrégation plaquettaire obtenu avec 100 mg d’aspirine chaque jour est fréquemment insuffisant. L’augmentation de la dose d’aspirine à 300 mg ou - mieux - l’ajout de 75 mg de clopidogrel permettrait d’obtenir un niveau correct d’anti-agrégation plaquettaire.
Attendons les résultats de travaux prospectifs s’intéressant aux événements cliniques avant de conclure de manière plus tranchée.

Dr Olivier Meillard

Référence
Duzenli MA et coll : Comparison and increased aspirin dose versus combined aspirin plus clopidogrel therapy in patients with diabetes mellitus and coronary heart disease and impaired antiplatelet response to low-dose aspirin. Am J Cardiol 2008;102:396-400

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Réagir à cet article

Les réactions sont réservées aux professionnels de santé inscrits et identifiés sur le site.
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.


Lorsque cela est nécessaire et possible, les réactions doivent être référencées (notamment si les données ou les affirmations présentées ne proviennent pas de l’expérience de l’auteur).

JIM se réserve le droit de ne pas mettre en ligne une réaction, en particulier si il juge qu’elle présente un caractère injurieux, diffamatoire ou discriminatoire ou qu’elle peut porter atteinte à l’image du site.