Quel est le risque infectieux des pacemakers et défibrillateurs implantables ?

Les dispositifs implantables intracardiaques sont de deux types : les pacemakers et les défibrillateurs automatiques. En tant que corps étrangers, ces systèmes constituent à l’évidence un point d’appel pour les infections, mais le risque correspondant reste relativement mal connu. Une étude de cohorte rétrospective réalisée dans le Comté d’Olmsted (Minnesota) permet de quantifier ce dernier, en termes de fréquence annuelle. La période d’observation est longue, puisqu’elle est d’une trentaine d’années (1975-2004).

La cohorte se compose de 1 524 malades chez lesquels a été implanté un pacemaker ou un défibrillateur automatique. Le suivi a été exprimé en sujets-années, soit un total de 7 578 sujets-années.

La fréquence des infections confirmées touchant ces dispositifs médicaux a été estimée à 1,9 pour 1 000 dispositifs-années (IC 95 %, 1,3-3,1). Celle des infections concernant la poche d’insertion, sans bactériémie associée, a été estimée, pour sa part, à 1,37 pour 1 000 dispositifs-années (IC, 0,62-3,05) (versus 1,14, IC, 0,47-3,05 en cas de bactériémie ou d’endocardite bactérienne associée).
La probabilité cumulée d’un infection des dispositifs en question s’est avérée plus élevée quand il s’agit d’une défibrillateur (p<0,001 versus pacemaker). Le type du germe influe sur le risque d’infection du dispositif. Ainsi, en cas de  bactériémie à Staphyloccus aureus, la fréquence d’une telle infection atteint 54,6 % (12/22), versus 12 % (3/25) quand il s’agit d’un bacille Gram négatif (p=0,004).

Cette étude de cohorte rétrospective donne des informations quantitatives sur le risque infectieux auquel sont exposés les malades porteurs d’un pacemaker ou d’un défibrillateur automatique. Une infection de ces dispositifs intracardiaques serait fréquente (plus d’une fois sur deux) au cours des bactériémies à S. aureus.

Dr Philippe Tellier

Référence
Uslan DZ et coll. : “Permanent pacemaker and implantable cardioverter defibrillator infection. A population-based study.” Arch Int Med 2007; 167: 669-675.

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