Quel impact des changements atmosphériques et environnementaux sur le lupus et la PR ?

Deux travaux présentés lors de la réunion annuelle de l'American College of Rheumatology / Association of Rheumatology Professionals (ACR/ARP 2019) mettent en évidence une association entre les modifications de variables atmosphériques et environnementales et l’activité du lupus érythémateux systémique et de la polyarthrite rhumatoïde (PR).
   
Les investigateurs de ce premier travail ont déterminé dans quelle mesure les variations de la concentration en particules fines (PM2.5) et en ozone, de la température, du vent et de l'humidité pouvaient prédire des poussées de lupus érythémateux systémiques spécifiques à un organe. L’activité du lupus a été appréciée d'après l’évaluation globale du médecin (PGA) à chaque visite, les poussées étant définies comme une augmentation ≥ 1 point du score PGA par rapport à la visite précédente. Les données environnementales et atmosphériques ont été obtenues auprès de l’Environment Protection Agency (EPA).

Le travail a porté sur 1 628 patients et indique des associations significatives entre chacun des facteurs environnementaux/atmosphériques évalués 10 jours avant la visite chez le médecin et la constatation de poussées de lupus dans plusieurs localisations organiques (peau, séreuses, sang, articulations, système nerveux). A noter, qu'en dépit de la force des associations, aucun facteur environnemental ou atmosphérique n’était associé de manière générale à toutes les poussées de lupus spécifiques à un organe.

Les investigateurs soulignent que ces résultats vont dans le sens des très nombreux patients qui sont convaincus que leur maladie varie au fil des saisons. Ils avancent aussi que l'évolution rapide de l'épidémiologie du lupus dans le monde pourrait au moins en partie être en rapport avec les changements climatiques et le réchauffement planétaire.

La PR aussi !

Les investigateurs de ce second travail ont révélé une association significative entre l'émission industrielle de particules fines (PM 2,5) et de dioxyde de sulfure (SO2) et la présence d'anticorps anti-protéines citrullinées (AAPC), marqueur spécifique de la PR pouvant être décelé bien avant la manifestation clinique de la maladie.

L'étude a été menée sur un échantillon de 7 600 sujets inclus dans la banque de données canadienne CARTaGENE et montre que chacun des deux polluants atmosphériques a une influence sur la présence d'AAPC. Cependant, l'utilisation d'un nouveau modèle statistique a permis de montrer que, même si le rôle des PM2,5 est prédominant, c'est l'exposition combinée aux PM2,5 et au SO2 qui ressort comme potentiellement la plus dommageable sur le plan sanitaire. Le NO2, dont le rôle avait également été évalué, n'a pas montré d'associations claires avec la positivité pour les AAPC.   

Dr Jean-Claude Lemaire

Références
Stojan G et coll. : Environmental and Atmospheric Factors in Systemic Lupus Erythematosus: A Regression Analysis. Bernatsky S et coll. : Multiple Industrial Air Pollutants and Anti-Citrullinated Protein Antibody Positivity. 2019 American College of Rheumatology (ACR) / Association of Rheumatology Health Professionals (ARHP) Annual Meeting (Atlanta) : 8 – 13 novembre 2019.

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