Quel risque thromboembolique après cholécystectomie ?

La majorité des 66 000 cholécystectomies pratiquées annuellement en Grande-Bretagne le sont sous coelioscopie, et la déambulation précoce qui en résulte réduit le risque de maladie thromboembolique (MTE). Cependant, on a accusé le pneumopéritoine de perturber les facteurs de la coagulation et donc d’augmenter ledit risque. D’ailleurs, on ne sait pas bien pendant quel délai la MTE peut survenir ni l’impact que peut alors avoir la chirurgie en urgence ou ambulatoire, par exemple. Une étude suédoise en 2012 a même affirmé que l’anticoagulation prophylactique ne prévenait aucunement la MTE, mais qu’elle engendrait des saignements indésirables ; toutefois cette anticoagulation était prescrite de manière non personnalisée (Persson, BJS).

L’étude britannique repose sur 2 bases de données regroupant les prescriptions et les diagnostics. Elle a concerné tous les adultes ayant bénéficié d’une cholécystectomie entre 2001 et le 31/12/2011, en notant s’ils avaient eu dans leurs suites une MTE.

Au total, ont été identifiées 24 677 cholécystectomies (77 % de femmes), dont 77 % réalisées à froid, 10 % en urgence, et 13 % en ambulatoire. La voie cœlioscopique (VC) avait été utilisée dans 98 % des cas ambulatoires, 89 % des cas de chirurgie élective et 73 % des cas opérés en urgence pour cholécystite aiguë.

Risque majoré chez le patient âgé, obèse, et opéré par voie conventionnelle

Le taux global de MTE dans l’année qui a suivi la cholécystectomie, a été de 2,8 pour mille personnes/années mais il augmente de façon linéaire avec l’âge, atteignant 8 pour 1000 personnes/ années après 70 ans. Il augmente aussi avec l’obésité, étant 2,4 fois plus élevé chez les patients dont l’indice de masse corporelle est > 30 kg/m² que chez ceux au-dessous de ce chiffre. Il est enfin différent selon la voie d’abord, la voie ouverte y exposant 3 fois plus que la VC. Enfin, avec la chirurgie ambulatoire le taux de MTE est nul.

Si l’on compare enfin le risque de MTE après cholécystectomie à celui de la population générale, on constate que le risque maximal se situe au cours du premier mois ; il est même décuplé en cas de cholécystectomie en urgence, quintuplé après chirurgie à froid, alors qu’aucun cas de MTE n’a été signalé après chirurgie ambulatoire.

La cholécystectomie en elle-même n’est grevée que d’un faible risque de thrombose veineuse et d’embolie pulmonaire, mais ce risque est majoré chez le sujet âgé, obèse, et opéré par voie conventionnelle.

Dr Jean-Fred Warlin

Références
Henry M-L et coll. : Duration and magnitude of postoperative risk of venous thromboembolism after cholecystectomy: a population-based cohort study. Dig Surg 2020; 37: 32-34.

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