Quelle prise en charge pour les enfants témoins du meurtre d’un de leurs parents par l’autre parent ?

Paris,  le jeudi 5 décembre – Il s’agit de faits divers sordides qui font parfois la une des journaux : des enfants retrouvés seuls, livrés à eux mêmes, tandis que leur mère, tuée quelques heures ou jours plus tôt par un père ou un beau père, gît dans une pièce de la maison. Ces situations sont rares mais pas exceptionnelles : l’année dernière, 140 enfants ont perdu l’un de leurs parents victime d’un meurtre conjugal. Dans la plupart des cas, c’est la mère qui est assassinée et une fois sur deux l’enfant assiste au drame.

Que deviennent ces petits garçons et petites filles, rescapés d’une histoire dont les prémices ont souvent été très antérieures au passage à l’acte ?

En Suède et au Canada, des protocoles spécifiques ont été développés pour les accompagner, limiter le risque de syndrome post traumatique et faciliter leur réinsertion dans une vie sociale et familiale la plus normale possible. S’appuyant sur ces exemples étrangers, la France cherche aujourd’hui à créer des cellules de soutien du même type. Ainsi, il y a quelques jours le procureur de Bobigny (Seine Saint Denis), Sylvie Moisson a signé avec le conseil général et l’hôpital Robert Ballanger d’Aulnay-sous-Bois un accord de partenariat afin d’organiser un « sas de respiration » pour les enfants. Désormais, ces petites victimes seront immédiatement admises à l’hôpital pendant trois jours et suivies par une équipe de pédiatres et de pédopsychiatres. L’identité de l’enfant sera préservée afin d’éviter que la structure de soins ne devienne le théâtre de nouveaux affrontements familiaux.

Cette période permettra d’organiser la prise en charge médicale et psychologique de l’enfant et d’examiner les meilleures solutions pour son hébergement futur. Présente lors de la signature de ce protocole, le ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, a indiqué que ce dispositif avait « vocation » à être étendu partout en France. Des dispositions législatives devraient également être prises pour éviter que le père meurtrier, seul dépositaire de l’autorité légale (!) puisse s’opposer à ce que son enfant soit suivi par un psychiatre.

M.P.

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