Quelle relation entre le taux de dihydrotestostérone prostatique et l’agressivité du cancer de la prostate ?

Le score de Gleason, basé sur la différenciation des cellules dans le cancer de la prostate (KP) est reconnu comme un facteur pronostique indépendant.  Par ailleurs, on sait que la testostérone est transformée dans la prostate par la 5α-réductase en dihydrotestostérone (DHT), et qu’il existe une relation entre les androgènes circulants et le KP. Les auteurs, soucieux de démontrer l’implication des androgènes prostatiques dans le risque de KP, ont comparé le taux de DHT intraglandulaire chez les porteurs de KP et chez ceux dont la biopsie prostatique (BP) avait éliminé ce diagnostic, et, en cas de KP, les relations entre le taux de DHT et le score de Gleason.

L’étude a porté sur 81 malades ayant subi une BP pour suspicion de KP (élévation du taux de l’antigène spécifique de la prostate –PSA- en moyenne à 19 ng/ml et/ou anomalies du toucher rectal) ; la DHT a été dosée sur les prélèvements biopsiques et dans le sérum, en même temps que les autres stéroïdes (DHEA, cortisol, androsténedione, FSH, LH, ACTH, testostérone). Sur les 81 patients, 47 avaient bien un KP et, chez 15 d’entre eux, le score de Gleason était ≥ 7. Le stade allait de T1 à T3, mais sans jamais d’atteinte lymphatique ni métastatique (N0M0).

Aucune différence significative n’a été mise en évidence entre les sujets porteurs et indemnes de KP en ce qui concerne les taux hormonaux sériques ou glandulaires. En revanche, on a constaté que, chez les malades porteurs d’un KP, ceux dont le score de Gleason était élevé (7 à 10) avaient un taux de DHT prostatique beaucoup plus bas (4,29 ng/g de tissu prostatique) que ceux dont le score était < 7, et qui avaient une DHT prostatique moyenne de 5,94 ng/g (p=0,025). Il n’y avait pas de différence pour les autres hormones, ni même pour le rapport testostérone/ DHT (sérique ni prostatique) en fonction du score de Gleason. Toutefois, on a trouvé une corrélation significative entre le score de Gleason et le rapport testostérone/DHT sérique (p=0.038).

On peut en conclure qu’un taux effondré de dihydrotestostérone dans le tissu prostatique chez les patients ayant un cancer peu différencié est probablement suffisant pour activer les récepteurs d’androgènes et favoriser la croissance tumorale.

Dr Jean-Fred Warlin

Références
Nishiyama T et coll. : “Association between the dihydrosterone level in the prostate and prostate cancer aggressiveness using the Gleason score.”
J Urol., 2006 ; 176 : 1387-91.

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