Quels traitements efficaces pour les bouffées de chaleur sous hormonothérapie anti-androgénique ?

Le cancer de la prostate est encore trop souvent dépisté au stade métastatique, et dans ce cas, l’hormonothérapie anti-androgénique  est la thérapeutique de première ligne. Les analogues de la LHRH se sont imposés comme l’une des alternatives de référence les plus souvent utilisées, mais ils ont un inconvénient majeur, celui de provoquer des bouffées de chaleur, parfois très gênantes.

Des travaux antérieurs contre placebo ont fait ressortir 3 agents pharmacologiques efficaces dans le traitement de ces bouffées de chaleur : la venlafaxine, l’acétate de médroxyprogestérone et l’acétate de cyprotérone.

Une étude récente a comparé l’efficacité de ces trois molécules sur des patients recevant leur première hormonothérapie par acétate de leuproréline.

L’hormonothérapie est menée seule pendant 6 mois, et au terme de ce délai, les patients (n=311) présentant des bouffées de chaleur à l’origine d’un inconfort significatif (plus de 14 épisodes de bouffées de chaleur par jour) ont été randomisés pour recevoir l’une des 3 molécules précitées, en plus de leur hormonothérapie. Il leur a été demandé de procéder à une auto-évaluation de leurs bouffées de chaleur à l’inclusion, puis après les 6 mois d’hormonothérapie et tous les mois ensuite, pendant 3 mois. Un score d’évaluation, validé par la Mayo Clinic, a pris en compte la fréquence des bouffées de chaleur, leurs fluctuations et différents paramètres reflétant la satisfaction du patient.

Après 4 semaines de traitement, les 3 types de traitement ont réduit significativement la fréquence des bouffées de chaleur et leur intensité, mais l’efficacité de la  médroxyprogestérone et de l’acétate de cyprotérone est supérieure à celle de la venlafaxine, en tous cas pendant la durée de l’observation (variations des scores de -73,5, -73,6, -29,3 respectivement).

L’amélioration de la qualité de vie rapportée par les patients n’est pas significativement différente avec les 3 molécules, sauf en ce qui concerne le score émotionnel qui semble meilleur pour les patients sous venlafaxine. S’agissant d’un inhibiteur de la recapture de la sérotonine, cela n’étonne pas.

Les résultats de cette étude confirment et précisent donc les précédents essais contre placebo démontrant l’efficacité des ces 3 molécules. Les patients se plaignant de bouffées de chaleur pendant leur traitement par les analogues de la LHRH peuvent désormais bénéficier d’une amélioration non négligeable de leur confort de vie.

Dr Roseline Péluchon

Référence
Irani J et coll. : Etude randomisée en double aveugle comparant l’efficacité et la tolérance de la venlafaxine, l’acétate de médroxyprogestérone et l’acétate de cyprotérone dans les bouffées de chaleur sous leuproréline pour cancer de prostate. 103ème Congrès français d’Urologie - Paris - 18 au 21 novembre 2009.

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