Qu’est-ce qui intéresse les Français dans leurs produits alimentaires ?

Paris, le samedi 30 juin 2018 – Si faire attention à son alimentation n’est probablement pas devenu un réflexe généralisé, il s’agit néanmoins d’une préoccupation croissante. Mais sur quoi se porte cette attention ? Sur tout ce qui peut favoriser des maladies potentiellement graves, telle que la surcharge en sucre, en graisses ou en sel ? Peut-être pas prioritairement. Une question posée par l’Observatoire de la société et de la consommation auprès de 4040 personnes révèle que les qualités nutritives d’un aliment ne sont pas d’abord recherchées lors de l’achat d’un produit alimentaire.

Ouf des chips salées sans pesticides !

Les personnes interrogées sont d’abord avides de connaître l’éventuelle présence de métaux lourds : 47 % se disent très soucieux de cette question et 30 % assez soucieux. Cette préoccupation surpasse toutes les autres, mais ne dépasse que légèrement le désir de mesurer la teneur en polluants organiques persistants et en médicaments (43 % se déclarent « très soucieux » à ce sujet), en OGM (39 %), en pesticides (36 %) et en nitrate (35 %). Quid de ce qui au-delà des traces de ces substances pourrait avoir un réel impact sur la santé ? Les personnes interrogées ne sont que 25 % à se déclarer « très soucieux » de connaître les qualités nutritives du produit, 24 % à s’interroger de manière aussi active sur la teneur en sucre, 15 % sur les acides gras saturés. Même des substances hier très recherchées comme les omégas 3 ne suscitent un intérêt marqué que de 14 % des personnes interrogées (et 9 % seulement des sondés disent être très soucieux de la teneur en gluten).

Drôle (?) de monde

Une telle échelle des valeurs ne peut qu’interroger sur l’influence d’une certaine fabrique de la peur qui tend à déclasser les priorités que l’on pourrait considérer comme pourtant élémentaires. On retrouve, il est vrai, cette logique de façon unanime. Elle est celle qui anime les responsables publics quand ils délaissent la recherche de salmonelle dans certains produits au profit d’autres « contaminants », elle est celle qui agite les experts européens quand ils s’intéressent aux perturbateurs endocriniens potentiellement présents dans l’eau plutôt qu’au plomb. Elle est celle qui structure un indicateur comme celui de la célèbre application Yuka qui pourra attribuer à un aliment ne contenant ni sel, ni sucre, ni graisses une note « médiocre » en raison de la présence (à quelle teneur ?) d’additifs dont certains ne sont pas même considérés comme "à éviter". Il est vrai que quand une épidémie de surpoids frappe les nations occidentales, certains ont tôt fait d’incriminer phtalates, perturbateurs endocriniens et autres plastiques, quand le sucre et les graisses saturées paraissaient des ennemis pourtant tout désignés.

Aurélie Haroche

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