Qu’est-ce qui s’est (finalement) bien passé en Suisse ?

Genève, le samedi 22 décembre 2018 – A voir tous ces Français traverser la frontière pour s’approvisionner en Levothyrox, les patients helvètes ont commencé à prendre peur. A la fin de l’année 2017, alors qu’était annoncé le remplacement en Suisse de la formule classique du Levothyrox par une nouvelle formule présentant un excipient différent (le mannitol remplaçant le lactose) et une stabilité réputée meilleure, certaines associations ont manifesté leur réticence. La situation française incitait de fait à la prudence.

Quelques cas difficiles, mais une transition dans l’ensemble sans problème

La nouvelle formule du Levothyrox est désormais disponible en Suisse depuis huit mois. Une campagne de communication rigoureuse a été orchestrée par les autorités suisses en direction non seulement des médecins, mais également des patients. Il faut dire que la situation française a joué un rôle important pour inciter à la vigilance vis-à-vis des patients les plus susceptibles de connaître une transition difficile. Les praticiens ont de fait eu à corriger quelques déséquilibres : « Il y a eu quelques problématiques avec des patients qui n’ont pas supporté » signale ainsi le Dr Jacques Philippe, chef du service d’endocrinologie des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). Cependant, il n’y a pas eu de pétition exigeant le retour de l’ancienne formule, de patients désarmés se livrant à la presse, d’augmentations inattendues du nombre de signalements d’effets secondaires. Swissmedic, l’autorité de régulation sanitaire et l’Organisation suisse des patients à Berne n’ont reçu aucune plainte.

Bonne nouvelle

Différents facteurs peuvent expliquer cette grande différence entre les deux pays (en dehors du fait que les Suisses ne sont pas des Gaulois réfractaires).  La disponibilité en Suisse de multiples traitements de l’hypothyroïdie permet depuis toujours plus facilement de s’adapter aux spécificités des patients. Par ailleurs, il est certain que l’opération de communication qui a précédé la transition a contribué à ce climat apaisé. Le cas suisse est en tout état de cause riche d’enseignements pour la France, non seulement quant à la nécessité de repenser nos modèles de communication vers les patients, mais aussi en ce qui concerne la nécessité d’assurer un éventail complet d’alternatives thérapeutiques face à des pathologies comme l’hypothyroïdie et surtout sur la probable absence de toxicité de la nouvelle formule du nouveau Lévothyrox, à l’exception de quelques patients présentant un profil thyroïdien particulier.

Aurélie Haroche

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