Qui est donc le dernier auteur d’un article de la revue Catalyst ?

Paris, le samedi 5 janvier 2019 – La préservation de l’intégrité de la recherche face aux pressions liées à la course à la publication est une préoccupation croissante. Afin d’éviter que le diktat de la publication ne mette trop à mal le respect essentiel de la probité, de nombreux dispositifs tentent d’être mis en place, tandis qu’une réflexion nourrie s’intéresse aux gardes fous à privilégier. Il s’agit notamment de se pencher sur les règles de publication dans leurs moindres détails. La détermination des auteurs d’un article et de leur ordre fait ainsi l’objet d’une attention soutenue ; afin d’éviter que toute considération politique, pragmatique ou pratique l’emporte sur la nécessité de traduire fidèlement le rôle de chacun dans les travaux présentés.

Sérieux

Ces questions étaient l’objet en octobre dernier d’un article publié dans la revue Catalyst, qui s’intéresse aux combats féministes, Equity in Author Order : A Feminist Laboratory’s Approach. Cet article était signé par seize auteurs, chercheurs notamment en géographie et sociologie à Terre Neuve. Le premier auteur de ce texte porte un nom d’homme Max Liboiron et le dernier le même nom que lui Grandmother Liboiron. Or, comme le signale le médecin et blogueur Hervé Maisonneuve, dont le site est consacré à la question de l’intégrité dans les publications scientifiques, un récent article de Science paru le 20 décembre et également consacré à la question de l’ordre des auteurs vient de révéler que Grandmother Liboiron n’était autre que la chienne de Max Liboiron. Ce dernier a expliqué sa place dans cette liste d’auteurs (qui plus est d’un texte portant précisément sur la question du choix et de l’ordre des auteurs !) par le fait qu’elle avait « assisté à toutes les réunions, fourni un soutien et un travail de soin, et empêché les auteurs de se prendre trop au sérieux ». Beaucoup apprécieront sans doute cette pirouette malicieuse ayant consisté à apporter une démonstration de la complexité des questions qui sous-tendent la détermination de l’ordre des auteurs d’un article : comment en effet s’assurer et traduire parfaitement le poids et le rôle de chacun ?

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On soulignera dans la lignée d’Hervé Maisonneuve que ce n’est pas la première fois qu’un animal de compagnie est ainsi crédité dans un article : en 1978 par exemple, l’immunologiste américaine Polly Matzinger avait publié dans le Journal of Experimental Medicine un article co-signé par Galadriel Mirkwood qui n’était autre que sa chienne, fidèlement présente au laboratoire et dont le soutien, affirmait la chercheuse, avait été plus précieux que celui d’autres auteurs !

Aurélie Haroche

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