Qui est (encore ?) passé devant les Américains et à propos de quoi ?

Paris, le samedi 6 avril 2019 – Tous les ans est publié à la demande de l’International Association of Scientific Technical and Medical Publishers (IASTM) un rapport détaillé sur l’état de la presse scientifique en sciences, techniques et médecine. Le dernier état des lieux pour l’année 2018 met tout d’abord en évidence une décroissance du marché des revues au cours des dix dernières années. Son chiffre d’affaires est en effet passé de 16 milliards de dollars en 2008 à 10 milliards aujourd’hui ! Pourtant, le nombre de journaux a continué pour sa part de progresser : on compte désoramais 33 100 revues en langue anglaise dédiées à la science, aux techniques et à la médecine, contre 25 400 il y a dix ans. Ces dernières publient en outre toujours plus d’articles (+4 % par an au cours des dix dernières années, quand la progression annuelle était auparavant de 3 %).

De plus en plus d’articles, de moins en moins lus ?

Cette augmentation de la production ne coïncide pas nécessairement avec une diminution du temps consacré à la relecture. Selon le rapport 2018, le temps dédié à la « revue » d’un article est pour un relecteur « moyen » de cinq heures, soit le même qu’il y a dix ans. A contrario, la multiplication des articles pourrait créer une saturation chez les chercheurs, qui aujourd’hui indiquent lire en moyenne 250 articles par an (contre 270 il y a dix ans). Ils continuent cependant à consacrer en moyenne trente minutes par article et ce sont toujours les médecins qui sont les plus grands consommateurs de revues scientifiques.

Des Américains dépassés par les Chinois dans leur propre langue !

Le rapport de l’année 2018 signale par ailleurs que désormais les chinois sont les principaux auteurs d’articles en langue anglaise (19 %), dépassant les Américains (18 %), les Indiens (5 %) et les Britanniques. On relèvera enfin qu’en matière de publication scientifique, le Brexit n’a pas cours, puisque la Grande-Bretagne est avec la France et l’Allemagne le pays qui compte le plus de collaborations internationales. Un grand nombre des données de ce rapport (à l’instar de ceux des années précédentes) vient de faire l’objet d’une analyse par le docteur Hervé Maisonneuve sur son blog consacré à la presse scientifique.

A.H.

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