Qui fait la promotion de Nutriscore en dépit de son régime alimentaire particulier ?

Paris, le vendredi 9 août 2019 – Améliorer l’information sur la qualité nutritionnelle des produits fait partie des mesures préconisées par différents programmes sanitaires dans le cadre de la lutte contre le surpoids et l’obésité et plus largement contre les méfaits d’une mauvaise alimentation. Bien que les travaux conduits en la matière aient le plus souvent confirmé que l’information n’a pas seule suffisamment d’influence pour faire évoluer durablement les comportements, un outil permettant rapidement et facilement de déterminer les produits potentiellement à privilégier apparaît essentiel devant la grande diversification des produits et le manque de lisibilité des informations délirées par les marques. Plusieurs systèmes d’étiquetage ont été, on le sait, développés. Les travaux conduits en la matière tendent le plus souvent à reconnaître la plus grande pertinence et facilité de compréhension du dispositif Nutriscore mis au point par l’équipe française du professeur Serge Hercberg.

Un cannibalisme nutritionnellement responsable !

Fort de ce constat et alors qu’en tout état de cause l’amélioration de l’information paraît devoir reposer sur une harmonisation des étiquetages (sauf à vouloir renouer avec le manque de lisibilité des précédents systèmes), une campagne citoyenne a été lancée au printemps afin d’inciter l’Union européenne à rendre obligatoire le recours à Nutriscore. Cette initiative a reçu de nombreux soutiens prestigieux, dont celui du Premier ministre, Édouard Philippe, lors de son discours de politique générale en juin. Cependant, la mobilisation demeure nécessaire, notamment parce que les réticences des industriels sont nombreuses. Et en la matière, l’Union fédérale des consommateurs – Que Choisir a misé sur l’humour et une petite dose de provocation. Un spot diffusé depuis quelques semaines propose ainsi une parodie du Silence des Agneaux (film de Jonathan Demme de 1991). Ainsi on y voit un Hannibal Lecter déclarer à Clarice Starling qu’il refuse de s’alimenter en raison de l’incapacité de l’établissement qui l’accueille de l’informer sur la provenance et la qualité nutritionnelle des aliments proposés. Et quand l’agent Starling lui fait remarquer qu’il est emprisonné pour avoir mangé douze personnes, il rétorque : « Mais je savais tout d’elles, justement ! Leur régime alimentaire, leur pratique sportive, leur taux de cholestérol… Qu’est-ce que vous croyez ? Que je fais dans le fast-food ? ». Au-delà de la boutade, le message final rappelle avec plus de sérieux la nécessité d’une harmonisation de l’étiquetage nutritionnel et recommande en la matière le recours à Nutriscore.

Le score d’Hannibal ?

Si le recours à cette figure cannibale ne manquera sans doute pas de faire sourire à l’heure où beaucoup rappellent la nécessité pour la santé des hommes et de la planète d’une diminution des apports carnés, on pourra également signaler que l’abus de films d’horreur peut également être délétère pour le tour de taille. Une étude parue en février 2019 dans Eat Behavior ayant comparé l’appétit de spectateurs de films d’horreurs à ceux de films romantiques avait ainsi mis en évidence que face à un même plateau de douceurs dont ils pouvaient librement se servir les premiers avait été beaucoup plus tentés que les seconds ! A l’aune de ces observations, on peut se demander quel score obtiendrait sur l’échelle nutritionnelle le célèbre Silence des agneaux ?


Aurélie Haroche

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article