Quoi de neuf pour les patients sur la dermatite atopique ?

Depuis quelques années, les recherches dans le domaine de l’eczéma atopique ont permis de réelles avancées dans la connaissance et la compréhension de cette pathologie complexe. Il n’est pas toujours facile pour les praticiens de s’y retrouver et surtout de traduire ces avancées en un discours clair et utile pour les patients. Une équipe du Royaume-Uni a réalisé un travail intéressant de synthèse de la littérature publiée sur le sujet en 2017 et livre ses conclusions sous forme d’un inventaire des nouveautés à retenir dans le domaine de l’eczéma atopique. Le volet traitement n’est pas abordé.
 
Le vécu du patient tient une place croissante dans les publications sur les maladies dermatologiques chroniques. Dans le domaine de l’eczéma atopique, il apparaît que les patients présentent plus d’arrêts de travail que la moyenne de la population et signalent plus souvent des troubles du sommeil. Ce point est d’autant plus important que les données confirment aussi que les « actifs » sont autant concernés que les enfants (la prévalence de l’eczéma atopique n’étant pas significativement différente pendant et après l’enfance).

Du point de vue microbiologique, une nouvelle interleukine, l’IL-31 a été retrouvée à un taux supérieur chez les patients comparativement aux sujets témoins. Elle serait responsable du prurit. Il est constaté aussi chez les patients une moindre diversité bactérienne, malgré une relative abondance de S. aureus et S. epidermidis.

La localisation fréquente au niveau des mains peut parfois laisser penser à une allergie de contact. Les publications récentes ne confirment toutefois pas l’existence d’une association significative entre l’eczéma atopique et une allergie de contact. En revanche, des facteurs de risque d’eczéma atopique sont désormais bien identifiés. Il s’agit notamment de la prise d’antibiotique pendant les deux premières années de vie, des antécédents d’atopie chez la mère, la pollution environnementale, l’œsophagite à éosinophiles et les troubles du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité. Inversement, une naissance très prématurée semble associée à une réduction du risque d’eczéma atopique au cours de l’enfance.

En ce qui concerne la recherche d’éventuelles comorbidités, l’analyse de 16 études de cohorte n’a retrouvé aucun lien entre l’eczéma atopique et le diabète de type 2, l’hypertension artérielle, le risque d’accident vasculaire cérébral ou d’infarctus myocardique. Inversement, les auteurs signalent un risque réduit de méningiome chez les patients atteints d’eczéma atopique.

Enfin, les auteurs déplorent l’insuffisance de validation des instruments de mesure de la qualité de vie des enfants atteints d’eczéma atopique, ainsi que la grande variabilité des critères de diagnostic et d’inclusion dans les essais cliniques.

Dr Roseline Péluchon

Références
Hale G et coll. : Keeping with the evidence : What’s new in atopic eczema epidemiology, aetiology and risk – An analysis of systematic reviews published in 2017. 28e congrès de l’European academy of dermatology and venereology/EADV (Madrid) : 9-13 octobre 2019.

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