Récidive de cancer thyroïdien papillaire : de l’iode après la chirurgie ?

Le cancer thyroïdien est le plus fréquent des cancers glandulaires et 80 % des cancers thyroïdiens sont de type papillaire (KPT). Le pronostic est bon mais 1/3 des patients, après chirurgie, présentent une récidive., Le bien-fondé de la prescription d’iode radioactif (IRA) après récidive ou reliquat (ror) de KPT fait l’objet du travail des auteurs californiens.

L’étude rétrospective a porté sur 102 patients ayant subi une réintervention pour récidive ou ror de KPT entre 2006 et 2016, opérés par le même chirurgien, dont 52 dans le groupe SIRA (sans IRA), mais 50 en avaient reçu auparavant, et 50 dans le groupe IRA (43 en avaient reçu auparavant).

Le suivi a été clinique, radio-isotopique, anatomopathologique et biochimique (dosage de la thyroglobuline (Tg) dont le taux minimal a été fixé à 0,2 ng/ml. La récidive a été affirmée par la positivité de la cytoponction. La Tg, qui reflète l’origine thyroïdienne de la prolifération, a été dosée juste avant la réintervention (Tg0), dans les 6 mois suivants (Tg1) et, après IRA dans le groupe IRA ou après au moins 1 mois dans le groupe SIRA (Tg2). On a dosé systématiquement et concomitamment les anticorps anti-Tg et exclu les dosages de Tg quand les taux de ces anticorps dépassaient 20 UI/ml.

Les résultats ne sont pas meilleurs

La réintervention a pu consister en une loboisthmectomie extra-capsulaire si le geste initial avait été très conservateur, une thyroïdectomie totale, une exérèse ganglionnaire ou un curage complet. La dose moyenne d’IRA a été de 155 mCi. La seule différence entre les 2 groupes était un plus fort taux de pT3-pT4 dans le groupe IRA, dans lequel on notait aussi plus d’extension microscopique extra-ganglionnaire que dans le groupe SIRA.

En biochimie, il a été observé en moyenne un passage de Tg0 à 2,8 ng/ml à un Tg1 de 0,2 ng/ml à 2 mois dans les 2 groupes ; il n’y avait pas de différence pour les dosages de Tg2 entre les 2 groupes.

Il y a eu 18 rechutes (36 %) après réintervention dans le groupe IRA vs 10 (19 %) dans le groupe SIRA. Le taux de survies sans récidives à 10 ans a été similaire dans les 2 groupes, mais la réponse au traitement a pu être considérée comme excellente (clinique, anatomopathologique et biochimique) chez 54 % des SIRA et 26 % des IRA.

En analyse multivariée, (ajustée en fonction du stade T, du taux de Tg0, type de chirurgie), l’IRA n’a apporté aucune diminution du risque de 2ème récidive.

L’administration d’iode radioactif n’a donc pas amélioré les résultats des patients opérés pour récidive de cancer thyroïdien papillaire.

Dr Jean-Fred Warlin

Référence
Hung ML et coll. : Association of radioactive iodine administration after reoperation with outcomes among patients with recurrent or persistent papillary thyroid cancer. JAMA Surgery 2018; 153(12): 1098-1104.

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