Réforme du troisième cycle des études médicales, ça dérape !

La situation s’envenime autour de la réforme du troisième cycle des études médicales qui doit entrer en vigueur pour la rentrée prochaine. Depuis des mois I'Intersyndicat national des internes (ISNI)n’a pas cessé d’appeler les pouvoirs publics à la concertation, se faisant l’écho des revendications des internes deplusieurs spécialités. Après son Assemblée générale du 21 janvier dernier,les représentants de l’ISNI et ceux des 22 syndicats et associations d’internes qu’il regroupe, ont demandé la parution,au sein du prochain arrêté interministériel "maquettes",de la liste exhaustive des FST et options, de leurs maquettes et des spécialités qui y auront accès, ainsi que « la garantie par un texte officiel d’une revalorisation salariale de l’étudiant en phase 3 et la validation d’une année pour l’accès au secteur 2 durant cette phase 3 ». L’ISNI prévenait encore le 20 février que « les internes de France ne sont pas prêts à brader la formation des médecins de demain », alors que les ministères restaient fermés à la discussion. Ces prises de position suscitent quelques rancœurs.

Des attaques de certains PU-PH

L’ISNI rappelle dans un communiqué du 3 mars son engagement fort dans l’élaboration des arrêtés à paraitre dans les prochains mois, et sa vigilance sur le statut de la phase 3 et les maquettes des DES, options, FST ainsi que leur flux. La première réunion sur le statut de la phase 3 a eu lieu le 21 février. Aucun calendrier ni aucune garantie n’ont été apportés. « La concertation sur les maquettes de DES n’a commencé que cette semaine ! », relève l’ISNI qui « mène donc une politique syndicale de montée en puissance afin d’obtenir les revendications des internes, d’ailleurs généralement soutenues par les collèges universitaires. »

Dans ce contexte, le président de l'ISNI Olivier le Pennetier a été pris pour cible personnellement dans des courriers électroniques provenant de professeurs hospitalo-universitaires.Des messages circulent entre hospitalo-universitaires de la collégiale de médecine d'urgence, concernant les critiques de l'ISNI envers la réforme du 3e cycle, et mettent en cause ad hominem son président.« On a nous a communiqué un mail dans lequel un président de collège universitaire invitait ses collègues à attaquer personnellement Olivier Le Pennetier », explique au site What’s up DocSébastien Potier, premier vice-président et porte-parole du syndicat.Il précise que ce courrier contenait l’adresse personnelle du président de l’INI, accusé de « vouloir faire tomber la réforme ».

Les réactions syndicales ne se font pas attendre

« Les réactions syndicales sont fermes face aux dérapages inexcusables d’Universitaires qui s’accumulent », twitte l’Association des jeunes anesthésistes-réanimateurs (AJAR) ce 3 mars.Le bureau de l’ISNI apporte son soutien à son président en rappelant que « les positions des syndicalistes ne sont que le reflet des Internes qu'ils représentent. Elles n'ont pas à être confondues avec des positions personnelles ». Le syndicat s’indigne : « Il n’est pas concevable de prendre à partie personnellement le président pour faire taire les revendications des internes de France. Il est inadmissible que celui-ci, ou tout autre interne, fasse l'objet d'incitation à harcèlement ».

« La mise en cause de syndicalistes ne peut être tolérée : le président de l'ISNI représente l'ensemble de ses mandants et non pas une spécialité particulière », réagissent aussi vivement les praticiens hospitaliers de l’intersyndicale Action Praticiens Hôpital (APH) qui réunit Avenir Hospitalier et la CPH.« De telles réactions très condescendantes et paternalistes, allant jusqu'aux menaces d'intimidation et de manipulation des jeunes médecins, ne sont pas à l'honneur de ceux qui les écrivent et les diffusent, surtout quand on lit la presse de ces jours sur les humiliations que subissent les étudiants à l'hôpital », souligne encore APH qui affirme sa vigilance face au respect du droit syndical.

« Les internes seront entendus quoi qu'il arrive et quelques soient les techniques d'intimidation » ; twitte Olivier Le Pennetier le 3 mars. Une Assemblée générale extraordinaire de l’ISNI s’est déroulée ce samedi 4 mars 2017, pour définir « les stratégies qui pourraient être envisagées ». Se dirige-t-on vers une grève des internes ? « Tout dépendra de la réunion de samedi », répond Sébastien Potier au site What’s up Doc. « Débats intéressants et décisions à voter dans les 24 h ! », annonçait l’ISNI sur Twitter au sortir de l’Assemblée généralesamedi soir.

A suivre donc…

Dominique Monnier

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