Réforme du troisième cycle des études médicales : le feuilleton n’est pas fini

Paris, le jeudi 16 mars 2017 - Alors que I'Intersyndicat national des internes (ISNI) a pu se faire entendre auprès du ministère, le Collège universitaire des enseignants en néphrologie (CUEN) propose une motion sur la réforme du 3è cycle des études médicales. Les pharmaciens s’en mêlent aussi avec un communiqué commun à la Fédération nationale des syndicats d’internes en pharmacie et biologie médicale (FNSIP-BM), l’Association nationale des étudiants en pharmacie de France (ANEPF) et la conférence des doyens des facultés de pharmacie relatif aux réformes des 3èmes cycles des études médicales et pharmaceutiques.

Une démarche positive

L’ISNI envisageait la grève pour être entendu sur la réforme du 3è cycle et avait demandé une audience à Marisol Touraine et Thierry Mandon (secrétariat d’Etat à l’enseignement supérieur et à la recherche). Reçu enfin au ministère de la Santé le 10 mars il a réussi à négocier « une meilleure représentation des étudiants et des hôpitaux de périphérie au sein des commissions chargées de s’assurer du suivi des formations » indique le site Whats’up doc. « On est dans une démarche positive, on avance sur le texte et on est écouté », lui a confié le président de l’Isni Olivier Le Pennetier, qui poste sur twitter l’article du magazine des jeunes médecins. Les internes seront également représentés en ce qui concerne les affectations et les validations de stage. L’interne sera d’autre part suivi tout au long de son 3e cycle par « une sorte de tuteur ». Pour la phase 3 de l’internat on s’oriente vers « un système de vœux croisés entre les internes et les services hospitaliers ». « Tout se passera au niveau régional, avec une remontée au niveau national pour les spé à faible effectif, comme génétique ou neurochirurgie » explique Olivier Le Pennetier. La liste définitive des options et des FST a par ailleurs été communiquée, et « ressemble beaucoup à la liste provisoire diffusée en décembre ».

Des durées de formation insuffisantes

Les internes de plusieurs spécialités telle l’hépato-gastro-entérologie ont déjà demandé un allongement de leur formation jugée insuffisante pour répondre à l’étendue des compétences nécessaires. Les représentants de cette spécialité se font à nouveau entendre dans une tribune du Monde où ils expliquent pourquoi il est irresponsable de vouloir maintenir à 4 ans leur spécialisation.

Par ailleurs, le CUEN invite les néphrologues à participer à un vote sur son site pour une augmentation du 3è cycle de néphrologie de 4 à 5 ans. Il souligne notamment qu’une façon de lire la réforme du 3è cycle est de considérer qu’elle fait apparaître « une année de pseudo-clinicat injectée au forceps dans un internat de 4 ans à un moment où les craintes sont grandes sur la réduction (absolue ou relative) des possibilités de post-internat ». Le découpage en 3 phases impose aussi la révision des maquettes du DES de néphrologie qui comporterait 5 semestres obligatoires dans la spécialité et non plus 3, réduisant le nombre de semestres libres à 2 au lieu de 4. Pour le Collège, la spécialité « requiert pleinement une 5ème année d’internat », les praticiens devant « être très polyvalents pour suivre avec compétence une population de patients croissante et très spécifique ». « C’est donc au moment où les besoins deviennent de plus en plus grands et l’activité de plus en plus complexe, que la qualité de la formation internat/post-internat est en danger » explique le CUEN.

Les internes en pharmacie concernés

Aucune structure pharmaceutique n'a été associée aux réunions de concertation effectuées par les ministères dans le cadre de la rédaction des arrêtés d'application de la réforme du 3ème cycle des études médicales. « Le DES de biologie médicale étant commun aux médecins et aux pharmaciens, le contenu de cette réforme impactera directement les internes en biologie médicale. Mais tous les autres internes en pharmacie sont concernés, car tout laisse à penser que la réforme de l'internat en pharmacie sera identique à celle des médecins », souligne la FNSIP-BM. Jugeant inacceptable l’absence totale de consultation et d’information de la part des deux ministères la FNSIP-BM, l'ANEPF et la Conférence des Doyens des facultés de Pharmacie expriment conjointement leur mécontentement. Elles demandent à être entendues « dès maintenant par leurs ministères de tutelle et associées aux discussions entourant la rédaction des arrêtés à venir pour faire entendre la voix et le point de vue des pharmaciens dans cette réforme de leurs études ».

Dominique Monnier

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