Réponse clinique à l’augmentation de HDL cholestérol chez les patients coronariens

Des études récentes ont montré que le taux de HDL cholestérol représente un puissant facteur prédictif des événements cardiovasculaires, auxquels il est inversement corrélé, et que cette association est conservée chez les patients avec des taux bas de LDL cholestérol. Dans une population de patients coronariens, une équipe israélienne a étudié la réponse clinique à l’augmentation de HDL en fonction du taux de LDL cholestérol à l’inclusion.

A partir des données d’un essai clinique en double aveugle contre placebo (BIP pour Bezafibrate Infarction Prevention Trial), le risque d’événement cardiaque majeur (décès d’origine cardiaque ou infarctus du myocarde non mortel) chez 3 020 patients coronariens suivis pendant une durée médiane de 7,9 ans a été mis en relation avec les modifications lipidiques au cours de cette période. Les taux de LDL à l’inclusion étaient classés selon les critères NCEP-ATPIII.

Après ajustement multivarié pour les paramètres cliniques et les taux lipidiques à l’inclusion, le bénéfice apporté par l’augmentation du HDL cholestérol était le plus marqué chez les patients dont le taux de LDL cholestérol à l’inclusion était inférieur à 1,3 g/l et se traduisait par une diminution du risque d’évènements cardiaques majeurs de 29 % pour chaque augmentation de 0,05 g/l de HDL cholestérol. Le bénéfice était intermédiaire chez les sujets dont le taux de LDL était compris entre 1,30 et 1,6 g/l, avec une diminution du risque de 13 %  pour chaque augmentation de 0,05 g/l de HDL cholestérol. Enfin, il n’était plus significatif en cas de taux de LDL cholestérol supérieur à 1,60 g/l.

Une relation similaire a été établie entre bénéfice clinique et baisse du taux de triglycérides avec, pour chaque diminution de 0,5 g/l, une réduction du risque cardiaque de 19 % en cas de taux de LDL cholestérol inférieur à 1,3 g/l et de 16% en cas de taux compris entre 1,3 et 1,6 g/l. A l’inverse, le bénéfice lié à la baisse du taux de LDL cholestérol était plus important en cas de taux initial élevé : 25 % pour un taux initial entre 1,3 et 1,6 g/l et 19 % pour un taux initial supérieur à 1,6 g/l.

Ces résultats montrent que la réponse clinique à l’augmentation de HDL cholestérol est inversement corrélée aux taux de LDL cholestérol à l’inclusion et suggèrent de tenir compte d’une évaluation combinée des taux de HDL et de LDL cholestérol lors de la prise en charge des patients coronariens.

Dr Odile Biechler

Référence
Goldenberg I et coll. : Inverse relation of baseline LDL levels to clinical response to HDL rise in patients with coronary heart disease. European Society of Cardiology (ESC) Congress (Munich) : 30 août-3 septembre 2008.

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