Rétinopathie diabétique : plus basse est la pression artérielle, mieux c’est !

Chez l’adulte diabétique, l’hypertension artérielle (HTA) est considérée comme un facteur de risque indépendant de survenue et de progression de la rétinopathie diabétique (RPD). De plus, la RPD est plus sévère chez les diabétiques normotendus avec néphropathie que ceux hypertendus sans albuminurie. Enfin, le rôle de la pression artérielle systolique (PAS) ou diastolique (PAD) dans le développement de la RPD et son caractère continu ou non (lié à une valeur seuil) reste à déterminer.

Les adolescents diabétiques forment un groupe idéal pour étudier l’effet de la PA sur le développement précoce de la RPD du fait de l’absence de comorbidités, de tabagisme et d’autres facteurs pouvant influencer sa survenue.

Afin d’évaluer la relation entre la PA et le développement de RPD précoce chez les adolescents diabétiques de type 1, une équipe australienne a réalisé une étude longitudinale dans laquelle 1 869 patients diabétiques (54 % de filles) ont été inclus. L’âge médian à l’inclusion était de 13,4 ans, la durée médiane du diabète de 4,9 années et le taux médian d’albuminurie de 4,4 µg/min. Parmi ces 1 869 adolescents, un sous-groupe de 1 093 patients indemne de RPD initialement a été identifié. La durée médiane de suivi a été de 4,1 années.

Au total, une RPD s’est développée chez 673 patients (36 %). Dans le sous-groupe sans RPD initiale, des valeurs plus élevées de PAS (OR = 1,01; IC 95 % : 1,003 à 1,02) et de PAD (OR = 1,01; IC 95 % : 1,002 à 1,03) se sont avérées prédictives de la RPD, après ajustement sur le taux d’albuminurie (OR = 1,27 ; IC 95 : 1,13 à 1,42), d’hémoglobine A1c (OR = 1,08 ; IC 95 : 1,02 à 1,15), l’ancienneté du diabète (OR = 1,16 ; IC 95 % : 1,13 à  1,19), l’âge (OR = 1,13 ; IC 95 % : 1,08 à 1,17) et la taille (OR = 0,98 ; IC 95 % : 0,97 à 0,99). Dans un sous-groupe de 1 025 patients avec un taux d’albuminurie < 7,8 µg/min, le risque cumulatif de RPD après 10 ans de diabète était plus élevé chez ceux ayant une PAS supérieure ou égale au 90ème centile par rapport à ceux ayant une PAS inférieure au 90ème centile (58% vs 35% ; p = 0,03). Ce risque a également été plus élevé chez ceux ayant une PAD supérieure ou égale au 90ème centile par rapport à ceux ayant une PAD inférieure au 90ème centile (57% vs 35% ; p = 0,05).

Les données de cette étude montrent donc que les pressions artérielles systoliques et diastoliques les plus élevées contribuent au développement de la rétinopathie diabétique, indépendamment du contrôle glycémique, de la durée du diabète et du taux d’albuminurie. De plus, cette relation semble avoir un caractère continu et non pas lié à des valeurs seuils, suggérant ainsi qu’une baisse de la pression artérielle pourrait avoir un effet protecteur et donc d’éventuelles implications thérapeutiques.

Dr Georges Dubois

Référence
Gallego PH et coll. : Role of blood pressure in development of early retinopathy in adolescents with type 1 diabetes: prospective cohort study. BMJ 2008; 337:a918, doi: 10.1136/bmj.a918 (publié le 26 août 2008).

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