Réunion à Matignon sur les « salles de shoot »

Les défenseurs des salles de consommation supervisée de drogue étaient reçus hier à Matignon pour essayer de convaincre le premier ministre de revoir ses positions, une semaine après la fin de non-recevoir de l'exécutif sur cette question. Françoise Barré-Sinoussi, prix Nobel de médecine en 2008, Jean-Pierre Couteron, président d'ANITEA, et Pierre Chappard, co-président d'Act-Up et coordonnateur du « Collectif du 19 mai » (Asud, Act Up, Anitea, SOS Hépatites, Safe, Gaïa, salledeconsommation.fr), ont rencontré Jean-Paul Faugère, le directeur de cabinet de François Fillon.

À l’issue de la réunion, qui a duré une heure, ils ont regretté que leur interlocuteur soit resté sur une opposition de principe. « Il va réétudier le dossier avec le Premier ministre mais il apparaît qu'on n'est pas d'accord » a déclaré Pierre Chappard. Françoise Barré-Sinoussi, qui était venue apporter une caution scientifique aux arguments des associations de réduction des risques, a regretté que « les données scientifiques publiées dans les pays où existent des salles de consommation ne comptent pas », ajoutant : « on nous a beaucoup parlé de convictions alors que moi, je parle de données scientifiques ».

Actuellement des salles de consommation existent dans plus de 45 villes de 8 pays, essentiellement européens (Allemagne, Pays-Bas, Luxembourg, Espagne, Norvège, Suisse, Canada et Australie), avec des résultats satisfaisants. Ils sont destinés aux toxicomanes les plus précarisés et en dehors de tout dispositif de soins. Selon les estimations des associations de terrain, Paris compterait entre 500 et 1 500 usagers de drogue potentiellement concernés et Marseille un petit millier de personnes. Jean-Pierre Couteron a rappelé que ces salles étaient « une porte d'entrée vers le soin ». Selon un sondage Ifop pour La lettre de l'Opinion, 53 % des Français seraient favorables à l'ouverture de ce type de lieux.

AC

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