Revalorisations tarifaires : les infirmières libérales ne veulent pas attendre les « calendes grecques »

Paris, le mardi 6 mai 2008 – Lors de l’élaboration de la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2008, l’ensemble des professionnels de santé avait observé d’un œil inquiet l’adoption d’un article visant à suspendre la mise en œuvre des revalorisations tarifaires actées par les conventions en cas de dépassement de l’ONDAM de plus de 0,75 point. Les infirmières redoutaient notamment de ne pas obtenir la hausse de leurs différents tarifs en août 2008, comme le prévoyait leur convention signée au printemps 2007. Si les augmentations obtenues dès 2007 ne répondaient finalement qu’à quelques dizaines de centimes d’euros (dix centimes pour l’acte médico infirmier, dix centimes pour l’acte infirmier de soins), la perspective d’obtenir de nouvelles hausses en août 2008 réconfortait les professionnelles libérales et leurs syndicats. Aussi, le mécanisme de blocage des revalorisations tarifaires mis en place par la LFSS ne pouvait que les irriter. Elles tentèrent de se rassurer par les belles paroles de Roselyne Bachelot, qui, se souvient la Fédération nationale des infirmières (FNI, majoritaire) assurait le 22 novembre « qu’il serait très injuste qu’une profession qui a déjà fait des efforts en terme de responsabilité » ne puisse pas être récompensée. Le ministre avait en outre assuré qu’il était nécessaire de « raffermir les engagements (passés entre l’Assurance maladie est les infirmières, ndrl) même dans la perspective d’un dépassement de l’ONDAM de ville ».

Un nouveau délai qui met le feu aux poudres

Las, les mois ont passé et semblent avoir donné raison à ceux qui voyaient dans les dispositions de la LFSS des motifs d’inquiétude. Pressée de questions par plusieurs parlementaires, Roselyne Bachelot a réaffirmé dans une réponse publiée par le journal Officiel la semaine dernière que « les engagements tarifaires conclus par les négociateurs conventionnels resteront des engagements certains ». Cependant, le calendrier initialement prévu ne devrait pas être respecté que ce soit pour les médecins généralistes ou pour les infirmières. Le ministre de la Santé confirme en effet que « leur application sera décalée dans le temps pour mieux assurer la compatibilité de ces revalorisations avec la situation financière de l’assurance maladie ». La confirmation officielle de ses craintes a immédiatement provoqué la publication d’un communiqué rageur par la FNI. Déjà particulièrement échauffé par les conclusions des états généraux de l’organisation des soins (EGOS) qui semblent avoir laissé peu de places aux infirmières libérales, le syndicat a appelé ces professionnelles à la grève des soins infirmiers à domicile entre le 7 et le 13 mai. Redoutant que les revalorisations tarifaires promises en août 2008 ne soient « reportées aux calendes grecques », l’organisation entend ainsi faire connaître sa colère. « L’instauration d’un délai minimum de six mois, mais plus sûrement de dix-huit mois (…) relève de l’insupportable en regard des engagements prix et des efforts consentis par la profession dans un contexte de flambée des prix du carburant et de reprise de l’inflation en général » écrit la FNI. Cette action pourrait être le début d’un mouvement d’une plus grande ampleur mis en œuvre cet été.

A.H.

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