Rigidité hépatique en cas de diabète : quelle prévalence ?

La rigidité du foie est un marqueur indirect de la stéatose et de la fibrose hépatique. La perte d’élasticité de l’organe peut être évaluée par deux techniques non invasives qui sont respectivement l’échographie et l’élastographie Impulsionnelle à Vibration Contrôlée (EIVC) dite aussi Fibroscan. Il est ainsi possible d’évoquer le diagnostic de stéatose ou de fibrose, sans recourir à la biopsie hépatique qui n’en reste pas moins le gold standard.

L’EIVC hépatique, quand elle est pratiquée dans des conditions optimales et correctement interprétée selon le contexte clinique, s’avère intéressante en pratique courante certes, mais aussi en épidémiologie descriptive. En témoignent les résultats d’une revue de la littérature internationale et d’une méta-analyse qui ont cherché à préciser la prévalence de la rigidité hépatique au cours du diabète de type 1 ou 2.

Dans ce contexte, c’est vers le diagnostic de stéatose hépatique non alcoolique ou NAFLD (non alcoholic fatty liver disease) qu’une telle anomalie peut orienter.

Trois bases de données, respectivement PubMed, MEDLINE et Scopus ont été interrogées jusqu’en mai 2022 à la recherche d’études d’observation qui ont toutes utilisé l’EIVC hépatique pour évaluer l’élasticité hépatique chez des patients adultes atteints d’un diabète de type 1 ou 2. Les données de chaque étude ont été traitées dans une méta-analyse à effets aléatoires. Des analyses de sous-groupes et de sensibilité ont été réalisées pour identifier les sources potentielles d'hétérogénéité.

20 % des diabétiques de type 2 sont concernés mais d’autres facteurs sont probablement en cause


Sur les 428 titres initialement examinés, 29 études seulement ont été jugées éligibles, ce qui représente une cohorte globale de 10 877 patients, dans leur immense majorité atteints d’un diabète de type 2 (n =10487). La prévalence d’une rigidité hépatique accrue a été estimée à 5,2 % (intervalle de confiance à 95 % IC 95 % 1,1-9,2) en cas de diabète de type 1, et 19,8 % (IC 95 % 16,8-22,8) en cas de diabète de type 2.

Des analyses multivariées par régression logistique ont révélé que cette prévalence était plus marquée dans certaines circonstances : indice de masse corporelle élevé, âge avancé, proportion d’hommes plus importante dans l’étude considérée, ethnie asiatique mais aussi seuil de positivité de l’EIVC hépatique plus bas. Ces variables combinées ont expliqué 32,7 % de l'hétérogénéité observée entre les études, aucun biais de publication n’étant par ailleurs identifié.

Cette méta-analyse, qui a ses limites, suggère que la prévalence des anomalies de l’élastographie hépatique sont fréquentes chez les patients diabétiques : de l’ordre de 5 % en cas de diabète de type 1, mais 20 % dans le diabète de type 2. Un certain degré de fibrose hépatique, voire une NALFD, peut exister chez certains de ces patients, mais pas tous, l’examen ayant valeur d’orientation et non de certitude dans un contexte où le diabète n’est pas toujours le seul facteur à influer sur les propriétés du parenchyme hépatique.

Dr Joseph Miller

Référence
Ciardullo S et coll. : Prevalence of elevated liver stiffness in patients with type 1 and type 2 diabetes: a systematic review and meta-analysis. Diabetes Res Clin Pract. 2022: publication avancée en ligne le 4 juillet. doi: 10.1016/j.diabres.2022.109981.

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