Risque de lymphome et anti-TNF alpha : une nouvelle pièce au dossier de la défense

Le risque de lymphome malin  non-Hodgkinien est augmenté au cours des maladies auto-immunes telle que lupus, Sjögren et polyarthrite rhumatoïde. Les causes de ces augmentations de fréquence ne sont pas connues. Les médicaments y ont-ils un rôle ?

Les anti TNF alpha ont fait la preuve de leur efficacité au cours de la polyarthrite rhumatoïde (PR) où ils sont maintenant très largement prescrits. Certains auteurs ont suggéré qu'ils puissent favoriser l'émergence de lymphomes ce qui demeure controversé.

Afin d'apprécier ce risque, une équipe suédoise a réalisé une étude rétrospective chez 60 743 malades souffrant de polyarthrite rhumatoïde. Les données étaient issues de 3 registres différents : le registre ARTIS comportant des malades ayant une PR et traités par anti-TNFα entre 1998 et fin juillet 2006 (6 604 malades), le registre des PR ayant été hospitalisées en Suède entre 1964 et 2005 (n= 51 588 ) et un 3ème registre où figurent des PR débutantes (5 529 malades vus entre 1995 et 2006). Au total, 6 604 malades avaient reçu un traitement par anti-TNFα. Les témoins (471 024 sujets) ont  été choisis dans la population suédoise.

Parmi les 6604 malades traités par anti TNF (exposition de 26 981 patients années), 26 cas de lymphome malins ont été observés versus 336 cas chez les sujets atteints de polyarthrite rhumatoïde non traitées par anti TNF (exposition de 365 026 patients années). Le risque relatif (RR) pour les malades traités par anti-TNF alpha versus malades non-traités était de 1,35 avec un intervalle de confiance à 95 % (IC95) de 0,85 à 2,11 (non significatif). Par ailleurs, les auteurs n’ont pas retrouvé de  différence en fonction de l’anti-TNFα utilisé.

Par contre, il existait une augmentation significative du risque relatif pour les PR traitées par anti-TNF alpha versus la population générale : RR = 2,72 (IC95 entre 1,82 et 4,08). La fréquence d’apparition des cas de lymphome chez les malades traités était homogène au fil des années.

Cette étude confirme le risque accru de survenue d’un lymphome malin chez les malades souffrant de polyarthrite rhumatoïde mais elle semble indiquer que le traitement par anti-TNF alpha ne majore pas ce risque.

Il faut cependant souligner les limites méthodologiques de ce travail et notamment le fait qu’il repose sur des registres rétrospectifs dans lesquels la probabilité de sous-déclaration est élevée.

Dr Juliette Lasoudris-Laloux

Référence
Askling J et coll.: Anti-tumour necrosis factor therapy in rheumatoid arthritis and risk of malignant lymphomas: relative risks and time trends in the Swedish Biologics Register Ann Rheum Dis., 2009;68:648-53.

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