Rôle de la graisse de Hoffa dans la gonarthrose

L'obésité est un facteur de risque pour le développement de l'arthrose (OA), l’augmentation des charges mécaniques contribuant à la destruction articulaire chez les sujets obèses. Cependant, il a été récemment montré que l’obésité n'est pas seulement associée à l'arthrose du genou, mais aussi au développement de l'arthrose dans les articulations non portantes telles que les mains. Cette constatation suggère que, outre le retentissement biomécanique, le tissu adipeux participe à l’inflammation systémique, facteur de risque indépendant pour le développement de l'arthrose. Le tissu adipeux, en plus d'être responsable du stockage des lipides, peut également fonctionner comme un organe endocrine et sécréter des adipokines (adiponectine, leptine, résistine) aux puissants effets immunomodulateurs. Il a été montré que des  adipokines sont présentes dans le liquide synovial des malades atteints d'arthrose.

Au genou, le coussinet adipeux de Hoffa (IFP) est un dépôt de tissu adipeux intracapsulaire, extrasynovial qui pourrait participer à la production de cytokines et d'adipokines et jouer un rôle paracrine, inflammatoire sur le cartilage voisin.

Les auteurs de cette étude, ont comparé la production des médiateurs inflammatoires dans l’IFP et la graisse sous-cutanée (SCAT) et analysé les adipocytes et les cellules immunitaires infiltrant ces différents tissus.
L’IFP et la SCAT à distance du genou ont été prélevés chez 27 malades atteints d’arthrose primaire, durant un remplacement prothétique.

Dans l’IFP, les taux de médiateurs inflammatoires comme l'interleukine 6 (IL-6), l’adipsine, l'adiponectine et la visfatine sont apparus significativement augmentés.
Les adipocytes de l’IFP montraient une tendance à une plus grande sécrétion d’IL-6 et d’adipsine que les adipocytes du SCAT. En ce qui concerne les cellules stromales vasculaires de l'IFP on constatait une plus grande proportion de cellules/gramme de tissu, un pourcentage inférieur de cellules T et un pourcentage plus élevé de mastocytes que dans le SCAT. En outre, les cellules T avaient un phénotype essentiellement pro-inflammatoires et les macrophages avaient un phénotype mixte pro-et anti-inflammatoires dans l'IFP.

Il existe de profondes différences dans les facteurs inflammatoires sécrétés et la composition des cellules immunitaires entre l'IFP et le SCAT. L’IFP a un phénotype nettement plus inflammatoire que le SCAT.Ces données indiquent que la production locale d’adipokines et de cytokines par l’IFP peuvent contribuer aux processus physiopathologiques articulaires dans l’OA du genou.

Dr Juliette Lasoudris-Laloux

Références
Klein-Wieringa I R et coll. : The infrapatellar fat pad of patients with osteoarthritis has an inflammatory phenotype. Ann Rheum Dis., 2011;70: 851-857

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