Rupture utérine : rapidité égale vie sauvée

La rupture utérine est un accident grave associée à un sombre pronostique fœtal dont les données récentes sont peu nombreuses du fait de la rareté de l’évènement.

D’où l’intérêt du travail de cette équipe suédoise qui a étudié tous les registres du pays à la recherche des ruptures utérines complètes survenues en cours de travail entre 1968 et 2008. Ils ont retrouvés 253 cas parmi les 2,4 millions de naissance de la période ; 9 ont été associées à une mort in utéro et ont été exclues de l’analyse.

C’est dans la période 2000-2008 qu’a été trouvé le plus grand nombre de ruptures, rendant les données à peu près à jour d’un point de vue des progrès de la médecine néonatale.

Pas moins de 80 ruptures ont eu lieu sur utérus sain et ont significativement plus souvent été découvertes en post partum (51 % vs 20 % des utérus cicatriciels). Le principal signe de rupture du point de vue fœtal était la bradycardie. Les signes maternels étaient la douleur, un malaise et/ou une tachycardie. L’hémorragie vaginale n’était présente que dans 10 % des ruptures.

Au total, 109 enfants (44 %) n’ont pas eu besoin d’être admis en unité de soins intensifs, 56 (23 %) ont été hospitalisés, 64 (26 %) sont décédés (38 en péripartum, 25 avant le 28ème jour et un à deux mois de vie) et 15 survivants (6 %) ont présenté une hémorragie intra-cérébrale dont deux ont gardé des séquelles à l’âge de 5 ans.

Au fil des décades, la survie en bonne santé s’est améliorée : de 34 % en 1967/1977, elle est passée à 50 % en 2000/2008, tandis que la mortalité a chuté de 51 % à 15 %. Le risque de décès est multiplié par 16 selon que la naissance a eu lieu en moins de 20 minutes ou en plus de 30 minutes, même après ajustement à la période.

Chaque minute de retard augmente le risque de décès de 10 %.

C’est donc la rapidité d’action entre le diagnostic et la naissance qui est essentielle : bien qu’un décès soit toujours possible avec un délai de seulement 10 minutes, le « code rouge » est de mise en cas de suspicion de rupture utérine.

Marie Gélébart

Référence
Al-Zirqi I et coll. : Infant outcome after complete uterine rupture. Am J Obstet Gynecol 2018 ; 219 : 109.e1-8.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions (1)

  • Rien de bien nouveau

    Le 12 août 2018

    Tellement évident pour des professionnels...Bref rien de bien nouveau si ce n'est des chiffres avec une analyse rétrospective !

    Françoise Lazarus

Réagir à cet article