SA : l’adalimumab et l’infliximab seraient à moindre risque d’uvéite

L'uvéite est la manifestation extra-articulaire la plus fréquente dans le cadre d'une spondylarthrite. Cependant, l’impact spécifique des nouveaux DMARD biologiques ou bDMARD (biological Disease Modifying Anti-Rheumatic Drug) et en particulier des anti-IL-17, en comparaison aux anti-TNF, sur les poussées d’uvéite a été peu étudié. Pour tenter d’apporter un éclairage sur le sujet, une équipe mixte Suédoise et Danoise a mené une étude observationnelle en utilisant le registre « Swedish Rheumatology Quality ». Pour ce faire, ils ont sélectionné à partir de ce registre, 3568 patients atteints de spondylarthrite ankylosante et qui ont reçu entre 2015 et 2018 du secukinumab, de l’adalimumab, de l’infliximab ou de l’etanercept. Parmi ces patients, 23 % avaient déjà présenté un épisode d’uvéite, confirmé dans un centre ophtalmologique.

Nous retiendrons de cette étude que l’incidence des poussées d’uvéite a été plus marquée chez les patients sous secukinumab et etanercept en comparaison aux patients traités par adalimumab ou infliximab, suggérant que ces deux dernières molécules seraient plus protectrices vis-à-vis des poussées d’uvéite.

« Ces résultats doivent cependant être pris avec des pincettes, [signale Dr Ulf Lindström (Göteborg) qui a présenté les résultats de cette étude], car de nombreux patients ont switché d’un traitement à un autre tandis que la fréquence d’antécédents d’uvéite était très variable selon les sous-groupes ».

En bref, l’incidence de nouveaux cas d’uvéite a été au total de 0,9 % dans la cohorte étudiée et de 1,3 %, 0,5 %, 0,6 % et 1,2 % pour le secukinumab, l’adalimumab, l’infliximab et l’etanercept, respectivement. Après ajustement en fonction de l’âge, du sexe, des antécédents d’uvéite et après exclusion des patients ayant développé une uvéite après plus de 3 lignes de traitement, les auteurs estiment qu’en comparaison à un traitement par adalimumab, le risque de développer une uvéite est multiplié par 2,23 sous secukinumab et par 1,80 en cas de traitement par etanercept.

« Mais ce risque est malgré tout très faible chez les patients qui n’avaient pas d’antécédent d’uvéite antérieure avant l’instauration d’un bDMARD », a également signalé Dr Ulf Lindström lors de sa présentation.

Dr Dominique-Jean Bouilliez

Référence
Lindstöm U, et coll. Comparison of anterior uveitis occurrence during treatment with secukinumab, adalimumab, infliximab and etanercept in spondyloarthritis. Congrès annuel de la ligue européenne contre le rhumatisme (EULAR). 3 juin 2020 (virtuel).

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