Santé à la Une

Paris, le samedi 11 mars 2017 – Présentés comme des vérités scientifiques, à grand renforts de titres accrocheurs, les résultats des études concernant divers sujets de santé hantent la presse grand public. Ces travaux ne sont pas choisis au hasard puisque publiés dans des revues médicales à forte notoriété (« impact factor » élevé) donc a priori au dessus de tout soupçon. Et les lecteurs en sont friands puisqu’il s’agit presque toujours de « grandes premières » ou de découvertes sur des liens inédits par exemple entre perturbateurs endocriniens et divers maux, pesticides et Parkinson, vaccinations et troubles variés etc…

Mais ce qui est affirmé à la Une, un jour reste-t-il forcément intangible ? On pourrait le croire tant l’apparition éventuelle de nouvelles données contradictoires font rarement l’objet de rectificatifs. Pourtant le phénomène n’est pas rare. Ainsi, selon une étude (encore une) menée par des chercheurs de l’université de Bordeaux, 50 % des études scientifiques qui font les gros titres sont finalement invalidées par des travaux ultérieurs.

Ce n’était pas vrai mais on n’en parle pas !

Ces chercheurs ont réuni 4 700 travaux examinant les facteurs susceptibles d’être impliqués dans la survenue de 12  pathologies : Parkinson, hyperactivité, Alzheimer, schizophrénie, dépression, autisme, sclérose en plaques, épilepsie, cancer du sein, glaucome, psoriasis et polyarthrite rhumatoïde. Trois pour cent de ces études (156) avaient été reprises dans la presse. Or, lorsqu’ils se sont intéressés aux méta-analyses parues ultérieurement sur les mêmes sujets, ils ont pu observer que les résultats n’avaient été confirmés que pour 50 % de ces études relayées par la presse.
Ainsi tel aliment ou médicament ou vaccin "nocif" un jour peut-il être innocenté le lendemain. Ainsi tel facteur de protection peut-il devenir facteur de risque (et vice versa)…Mais le lecteur n’en est que rarement informé.

L’équipe de Bordeaux n’a relevé que 4 articles mentionnant la réfutation de résultats précédemment exposés dans la presse grand public et reconnus erronés depuis. « Les journalistes écrivent sur les études publiées dans des revues prestigieuses ou qui font l’objet de communiqués de presse. Celles qui réfutent une étude initiale ne sont bien souvent pas autant mises en avant, souligne ainsi Estelle Dumas-Mallet co-auteur de cette enquête. Et elle les mets en garde : « ils (les journalistes)  doivent mentionner le caractère incertain d’une étude si celle-ci est initiale, et souligner que les résultats devront être reproduits avant d’être confirmés».

Peut-on espérer autant de transparence ?

Dr Marie-Line Barbet

Référence
Dumas-Mallet E et coll.: Poor replication validity of biomedical association studies reported by newspapers. Plus One 2017; publication avancée en ligne le 21 février.

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