Santé des migrants : MDM dénonce

Paris, le 14 décembre - En 2015, plus de 95% des personnes reçues en France dans les centres d’accueil, de soin et d’orientation de Médecin du Monde (MDM) étaient des ressortissants étrangers. Un tiers arrivait depuis moins de trois mois, 6% étaient demandeurs d’asile (DA). 

Saluant tout de même quelques avancées, notamment en matière de dépistage VIH et hépatites (TROD, auto dépistage), la mission France de MDM dénonce dans son rapport 2015 de l’Observatoire de l’accès aux droits et aux soins*  les difficultés croissantes rencontrées par les migrants dans notre pays.

Le rapport décrit une dégradation continue des conditions d’accueil des DA et les difficultés criantes d’accès aux droits qu’ils rencontrent. Il pointe les dérives de l’évaluation de la « vulnérabilité », les dysfonctionnements quotidiens - qui limitent l’accès à une couverture maladie donc aux soins de personnes déjà très fragilisées par leur parcours migratoire - comme les pratiques abusives : refus d’adresse déclarative, délais ou demandes de pièces non règlementaires etc.

Questions déontologiques

MDM dénonce l’instrumentalisation de la médecine à des fins de gestion migratoire et réclame l’interdiction des tests osseux et l’application de la présomption de minorité (au lieu du « soupçon de majorité » souvent appliqué). L’association demande la simplification de l’accès au droit et milite pour la fusion de l’AME dans la PUMa qui, en permettant une prise en charge précoce, serait au final bénéfique économiquement. Elle milite pour le développement des dispositifs PASS**  ou encore de l’interprétariat et la médiation sanitaire y compris dans les prises en charges psychologiques.

Reconnaissant les avancées permises par la récente Loi immigration sur les conditions d’accès au séjour pour raison médicale, MDM regrette cependant qu’elle penche davantage « du côté contrôle et dissuasion que respect des droits et promotion des libertés individuelles ». L’ONG considère comme anormal, sur le plan symbolique autant que déontologique, le transfert de l’évaluation médicale de la demande de titre de séjour pour raison médicale, jusqu’ici dévolue au préfet sur avis du médecin de l’ARS, à l’OFII (office français de l’intégration et de l’immigration), qui dépend du ministère de l’intérieur.

MDM rapporte enfin de « fréquentes violences policières et institutionnelles » envers les personnes fuyant leur pays en guerre et « bloquées » à Calais et déplore une politique migratoire particulièrement répressive à Mayotte et en Guyane où l’association réclame le « respect des personnes et de leurs droits fondamentaux ».

 

* https://issuu.com/medecinsdumonde/docs/mdm-rapport-observatoire2015?e=1803522/39636444

**permanence d’accès aux soins de santé

Dr Blandine Esquerre

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