Sevrage tabagique et grossesse, plus difficile pour les catégories à faible niveau socio-économique

Le tabagisme est la principale cause de morbi-mortalité aux États-Unis. Pendant la grossesse, il contribue à une petite taille des fœtus pour l’âge gestationnel, un faible poids à la naissance et un accouchement prématuré. Fumer après l’accouchement peut également entraîner des problèmes de santé pour l’enfant. Toutefois, la grossesse est un moment privilégié pour cesser de fumer et les femmes enceintes sont plus susceptibles d’y parvenir en raison de leur préoccupation pour la santé de leur enfant. Plus de 45 % des femmes cessent de fumer pendant leur grossesse mais un peu plus de la moitié d’entre elles ont repris le tabac six mois après l'accouchement, et 50 % à 80 % au bout d’un an. Les femmes ayant des revenus modestes sont plus susceptibles de fumer avant la grossesse et moins susceptibles de s’arrêter pendant celle-ci (prévalence du tabagisme trois fois plus élevée que dans l’ensemble de la population des femmes enceintes des Etats Unis).

Deux infirmières de l’université de Valparaiso (Indiana) ont examiné les comportements et les facteurs pouvant favoriser un sevrage tabagique chez les femmes enceintes ayant un faible revenu. Cent trente-cinq femmes, suivies dans une clinique de soins communautaires de l’Indiana ont participé à cette étude. Elles sont âgées de 18 à 41 ans ; les trois quarts ne sont pas mariées, 78 % ont un revenu inférieur à 30 000 dollars par an, 40 % sont des Afro-américaines.

Les données démographiques et comportementales à l'égard du tabac ont été recueillies par questionnaire au moment de la signature du consentement puis à  6 semaines, 6 mois et 12 mois. Toutes les patientes ont reçu des informations sur les effets néfastes du tabagisme ainsi que du tabagisme passif et un kit de sevrage a été donné aux fumeuses « actuelles ».

Cinquante-cinq n’ont jamais fumé. Parmi 77 autres qui ont touché au tabac, 18 ont arrêté spontanément de fumer. Trente six pour cent rapportent avoir fumé pendant la grossesse.

A un an après l’accouchement 18 % ne fument plus. Un autre changement positif est la baisse du nombre de cigarettes fumées par jour. Cependant, sans plan spécifique, les femmes n’ont pas réussi à parvenir au sevrage. Le fait d’avoir commencé à fumer tôt dans la vie et de ne pas être parvenue à s’arrêter lors de précédentes tentatives ont influencé le taux de réussite.

Les prestataires de soins doivent donc continuer à éduquer les femmes enceintes, mais aussi se concentrer sur la prévention des rechutes en particulier dans la catégorie des femmes à faible revenus.

Lauriou Martine

Références
Kessler TA et Alverson EM : Smoking behaviors and abstinence in low-income pregnant women. Journal of Nursing Education and Practice, 2017, 7. DOI: 10.5430/jnep.v7n5p9.

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