Sevrage tabagique : la prescription des substituts nicotiniques en 5 questions [Quiz]



L’arrêt du tabac constitue le premier traitement de la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO). Cependant, le sevrage est souvent difficile en raison notamment de certaines caractéristiques de l’intoxication tabagique de ces fumeurs. Par ailleurs, les patients ont besoin que leur soient bien expliqués les effets du tabac, les bénéfices de l’arrêt et les traitements médicamenteux disponibles. Ce quiz qui s’appuie sur l’interview du Dr Gérard Peiffer (pneumo-allergologue et tabacologue, Metz) permet d’approfondir ces différentes questions.

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Quel impact du tabac sur les poumons et comment le quantifier ? Cocher la ou les réponses exactes.

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La toxicité de la cigarette vient de la libération de substances toxiques liées à la combustion du tabac. De nombreux médiateurs inflammatoires sont activés à l’origine d’une inflammation chronique des bronches (a). De plus, certains produits de la combustion vont inhiber des mécanismes anti-inflammatoires, anti-oxydants et anti-protéolytiques d’où une augmentation du stress oxydatif et de l’activité protéolytique aboutissant au développement de l’emphysème (b).

La fumée du tabac entraîne en premier lieu des lésions de l’épithélium avec perte des cils vibratiles, hypertrophie des glandes muqueuses (hypersécrétion bronchique) et hyperplasie des cellules caliciformes. Puis, le contact itératif et chronique avec la fumée du tabac entraîne une inflammation chronique de la muqueuse et de la sous-muqueuse et éventuellement une destruction des alvéoles et le développement d’un emphysème (1).

Les effets toxiques du tabagisme dépendent d’une part de l’âge de début de l’intoxication : plus on débute jeune et plus l’impact sur les poumons est important. Et, d’autre part, de la durée du tabagisme (plus que de l’intensité) (c). Des études récentes suggèrent ainsi qu’il serait plus juste de quantifier le tabagisme en années qu’en paquets-années.

Par ailleurs, nous ne sommes pas tous égaux vis-à-vis des risques liés au tabac. La sensibilité au tabac dépend en effet de facteurs génétiques. Un certain nombre de gènes communs, bien identifiés dans des études très récentes (2), interviennent à la fois dans la susceptibilité à la BPCO, au cancer du poumon et à la dépendance tabagique (d). Ces gènes se situent principalement au niveau de certains exons du chromosome 15. Il n’est pas encore possible de faire un dépistage génétique des sujets les plus à risque de BPCO, mais cela sera certainement le cas dans les 20 à 30 ans à venir (e).

Références

(1)Peiffer G et coll. : Les effets respiratoires du tabagisme. Revue de Pneumologie clinique (2018) 74, 133-144.

Conférence d’experts tabac et psychiatrie. Paris : Ed. Fédération française de psychiatrie et Office français de prévention du tabagisme. 2009.

(2)Shrine N et coll. : New genetic signals for lung function highlight pathways and chronic obstructive pulmonary disease associations across multiple ancestries. Nat Genet. 2019 Mar;51(3):481-493. doi: 10.1038/s41588-018-0321-7. Epub 2019 Feb 25.

(3)Underner M et coll. : Smoking cessation in smokers with chronic obstructive pulmonary disease. Rev Mal Respir. 2014 Dec;31(10):937-60. doi: 10.1016/j.rmr.2014.07.001. Epub 2014 Aug 18.

(4)Peiffer G et coll. : COPD and smoking cessation: Patients' expectations and responses of health professionals. Rev Pneumol Clin. 2018 Dec;74(6):375-390. doi: 10.1016/j.pneumo.2018.10.001. Epub 2018 Nov 16.

(5)https://www.tabac-info-service.fr/Vos-questions-Nos-reponses/Grossesse

(6)Tashkin DP et coll. : Effects of varenicline on smoking cessation in patients with mild to moderate COPD: a randomized controlled trial. Chest. 2011 Mar;139(3):591-599. doi: 10.1378/chest.10-0865. Epub 2010 Sep 23.

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