SIDA : l’ONU rassure, l’OMS inquiète

New-York, le vendredi 21 juillet 2017 – En 24 heures, le front du SIDA aura été pris dans l’étau d’une ONU optimiste et d’une OMS pessimiste !

90-90-90 : on va y arriver !

Depuis leur lancement lors de la vingtième conférence internationale sur le sida à Melbourne en 2014, les objectifs 90–90–90 sont devenus un pilier central de la politique mondiale antisida. Rappelons qu’il s’agit d’atteindre 90% de personnes porteuses du VIH informées de leur séropositivité, 90% de personnes diagnostiquées ayant accès à une thérapie antirétrovirale et 90% de patients traités avec une charge virale indétectable.

Or, les plus récentes données montrent que des progrès remarquables ont été réalisés.

Ainsi, 70%  des personnes infectées connaissaient leur statut sérologique, 77% ont accès au traitement antirétroviral et 82% de ces dernières ont supprimé leur charge virale ! De plus,  plusieurs pays ont déjà atteint les objectifs et pas forcément les plus riches, à l’exemple du Bostwana ou du Cambodge.

D’autre part, on a assisté à une baisse spectaculaire de 48% des décès liés au sida et de 16 % des nouvelles infections par le VIH dans le monde entre 2010 et 2016.

Notons toutefois que dans deux zones géographiques, le Sida continue sa macabre expansion : l’Europe de l'Est et l’Asie centrale où les décès liés à ce syndrome ont augmenté respectivement de 48% et de 38%.

L’OMS alarme sur les résistances

Alors que l’on apprenait ces bonnes nouvelles, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a quelque peu atténué leur effet.

L’institution vient en effet de mettre en garde quant à l’augmentation de la résistance du VIH aux médicaments et a même averti que cela pourrait compromettre les progrès mondiaux que nous venons d’évoquer. Son rapport estime que dans les pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine où des enquêtes ont été réalisées, plus de 10 % des personnes débutant un traitement antirétroviral sont porteuses d’une souche résistante à certaines des molécules les plus utilisées.

Enfin, l’OMS estime que ce phénomène pourrait entraîner 135 000 décès et 105 000 nouvelles infections supplémentaires dans les 5 prochaines années et augmenter les coûts du traitement du VIH de 650 millions de dollars.

Frédéric Haroche

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