SLA : peut-être des facteurs de risque professionnels

Plusieurs études ont suggéré un lien entre certains types d’activité professionnelle et risque accru de sclérose latérale amyotrophique (SLA).  Une équipe américaine a analysé la relation entre des expositions spécifiques à des substances chimiques pendant la vie professionnelle et la survenue d’une SLA au travers d’une étude cas-témoin menée entre 1993 et 1996, en Nouvelle-Angleterre. 

Cent neuf cas de SLA recrutés dans 2 services de neurologie de référence et 253 témoins indemnes de maladie neurodégénérative ont été appariés pour l’âge, le sexe et la région de résidence au sein de la Nouvelle-Angleterre. 

L’âge médian des cas au diagnostic de SLA était de 60 ans (30-79 ans), le diagnostic ayant été posé en moyenne 14,3 mois après le début des symptômes, et la médiane d’âge des témoins était de 59 ans (29-78 ans). Chez les cas et chez les témoins, le nombre médian d’emplois occupés avait été de 4, les extrêmes allant de 1 à 10 chez les cas, de 1 à 13 chez les témoins.

Des ajustements sur de nombreux facteurs confondants potentiels ont été effectués, dont l’âge, le sexe, le lieu de résidence, le tabagisme, le niveau d’éducation.
Une augmentation du risque de SLA a été mise en évidence chez les travailleurs du bâtiment, à l’exception des chefs de chantier (odds ratio, OR = 2,9 IC à 95 % 1,2-7,2), ainsi que chez ceux affectés aux travaux de précision sur métaux (3,5 ; 1,2-10,5).

Les métiers de l’agriculture, de la forêt et de la pêche, en revanche, ne sont pas apparus, dans cette étude, associés au risque de SLA non plus que le fait d’avoir servi dans l’armée (19 % des cas, 22 % des témoins).

Le risque de SLA était accru de 60 à 90 % en cas d’exposition aux décapants pour peintures,  aux huiles de coupe, de refroidissement et de lubrification, aux white spirits, aux agents de nettoyage à sec.

Parmi les expositions aux agents chimiques spécifiques, celles aux hydrocarbures aliphatiques chlorés, aux glycols, aux éthers de glycol et à l’hexane se sont avérées associés à une augmentation du risque de SLA de plus de 50 %, plus nette encore chez les fumeurs que chez les non-fumeurs.

En ce qui concerne le formaldéhyde, on retrouve une multiplication par 3 du risque de SLA parmi les sujets les plus exposés professionnellement.

Ces résultats émanant d’une étude cas témoin, méritent d’être confirmés.

Dr Claudine Goldgewicht

Référence
Fang F et coll. : Workplace exposures and the risk of amyotrophic latéral sclerosis. Environ Health Perspect, Publication avancée en ligne le 11 mai 2009.

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