Smoking/no smoking

Genève, le samedi 6 février 2016 - Dans smoking/no smoking, le réalisateur Alain Resnais imaginait la vie de ses personnages selon qu'ils soient fumeurs ou non…Un scénario visionnaire au regard de la publication, ce lundi, par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) d’un rapport réclamant, notamment, l’interdiction aux mineurs des œuvres cinématographiques mettant en scène des acteurs s’adonnant au vice tabagique…

Le grand écran de fumée

Ces travaux se basent sur une revue de la littérature américaine qui démontrerait que chez les adolescents, 37 % des nouveaux accros à la cigarette ont été (mal) inspirés par le cinéma.
En 2014, cigares, cibiches et autres pipes apparaissaient dans 44 % de l’ensemble des productions  Hollywoodiennes et entre 2002 et 2014, figuraient dans presque les deux tiers des « blockbusters » américains.

La même année, le Surgeon General des États-Unis avait d’ailleurs déjà avancé que la classification « pour adultes » en présence de "scènes" de tabagisme permettrait d’en réduire de près d’un cinquième la prévalence chez les jeunes aux États-Unis.

Un plan en cinq points

En conclusion de ces constats l’OMS propose les mesures suivantes, pour les films : l'interdiction aux mineurs lorsqu’apparaissent des produits du tabac ; la diffusion dans les génériques d’une déclaration où les producteurs attestent qu’ils n’ont pas reçu de subvention de cette industrie ; la prohibition de la mise en avant des marques ; la diffusion obligatoire de messages de prévention ; le bannissement de toute subvention publique aux productions médiatiques faisant la promotion de la consommation de nicotine.

Quand la Chine et l’Inde donnent l’exemple

Le Dr Armando Peruga, Administrateur du programme « un monde sans tabac », explique que plusieurs pays ont déjà pris des mesures pour restreindre la présence de telles images sur grand écran, ainsi de la Chine, qui y a interdit (entre autres !) la tabacomanie excessive ou de l’Inde qui a adopté de nouvelles normes sur la représentation de l’herbe à Nicot et de ses paquets.
Le biopic sur Groucho Marx n’est pas prêt de se tourner…

 

PS : Par souci de la santé publique, suggérons également à l'OMS de demander l'interdiction des films où les héros s'adonnent à une alcoolisation excessive, de ceux, bien plus nombreux, où ils manient des armes potentiellement létales ou contreviennent au code de la route et bien sûr de toutes les œuvres cinématographiques pouvant laisser penser que le prince charmant n'a pas toujours de préservatif en poche lorsqu'il tente de séduire sa dulcinée.  

Frédéric Haroche

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Vos réactions (1)

  • Primordial

    Le 06 février 2016

    C'est ce qu'on appelle la prévention primordiale, c'est une forme d'action sur l'environnement. Elle vient renforcer la prévention primaire.

    Pr Lemdaoui Med Cherif, CHU Constantine

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