Soupçons de maltraitance à l’hôpital psychiatrique de Morlaix

Paris, le mardi 5 novembre 2019 - Une femme a été retrouvée par sa famille dans un état physique déplorable après 15 jours à l’hôpital psychiatrique de Morlaix. Ses filles ont déposé plainte pour maltraitance.

Lorsque Bénédicte et Mathilde viennent rendre visite mercredi dernier à leur mère hospitalisée depuis 15 jours à l’hôpital psychiatrique de Morlaix, ils ne la reconnaissent pas immédiatement. Couvertes de bleus sur le visage et le corps, fortement amaigrie (elle aurait perdu 10 kilos), crachant du pus, pas lavée…Françoise, 63 ans, est méconnaissable. Attachée à une chaise dans une salle commune du service, elle reste mutique.

Les deux sœurs ne comprennent pas comment leur mère, souffrant d’un syndrome parkinsonien et hospitalisée pour des troubles bipolaires, a pu se retrouver dans cet « état lamentable » selon leurs mots, après seulement 15 jours d'hospitalisation. Aucun médecin ne pourrait leur apporter la moindre réponse, affirmant que « tout a été fait dans les règles » et que leur mère souffre de mélancolie.

Aucune maltraitance selon l’hôpital

En l’absence de réponse, les deux filles de la patiente ont décidé de porter plainte jeudi dernier pour « délaissement de personne vulnérable », un délit puni de 5 ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende. Elles ont également souhaité rendre leur affaire publique en racontant leur histoire sur les réseaux sociaux. Ce qu’elles critiquent avant tout est le manque de communication de la part des médecins, qui ne les auraient jamais alerté sur l’état de santé de leur mère. C’est uniquement après avoir trouvé leur mère "fatiguée" au téléphone qu’elles ont décidé de lui rendre visite et ont découvert l’horreur de la situation.

A la suite de la plainte, une enquête administrative interne à l’hôpital a été lancée pour déterminer ce qui aurait provoqué la dégradation de l’état physique de la patiente. Mais la direction réfute l’hypothèse des maltraitances. « Je renouvelle ma confiance au personnel. Par ailleurs, je réfute totalement le terme de maltraitance, parce qu’on ne sait pas ce qu’il s’est passé » a déclaré Ariane Bernard, directrice de l’hôpital, au micro de France 3.

En attendant la fin de l’enquête administrative et la possible ouverture d’une enquête judiciaire si des indices graves permettaient de confirmer la maltraitance, la patiente a été transférée dans un service de réanimation.

QH

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