Soutien pour les psychothérapies de soutien

Un journal comme The American Journal of Psychiatry vit aussi par le courrier de ses lecteurs, la rubrique des lettres à l’éditeur confirmant l’impact des sujets traités. Deux praticiens commentent ainsi un article récent sur l’intérêt des psychothérapies de soutien (PDS), plus ou moins contestées outre Atlantique par la vogue / vague déferlante de « l’evidence-based medicine » : on reproche à ces PDS d’être mal définies et de n’avoir pas suscité d’études contrôlées sur leur efficacité. Soutenant les PDS, les auteurs rappellent leur place essentielle : selon une évaluation des pratiques aux États-Unis (1998), 36 % des patients traités par des psychiatres recevaient une PDS, pourcentage plus élevé que les thérapies « Insight-Oriented » * (19 %), cognitivo-comportementalistes (TCC) (6 %) ou de type psychanalytique (1 %). L’essor des PDS s’explique pour au moins trois raisons :

1) La formation des futurs spécialistes aux États-Unis comporte désormais une initiation en matière de PDS durant leur résidanat ;
2) Des textes récents concernent les PDS ;
3) Les PDS « s’appliquent à un vaste échantillon de patients et de situations ».

La recherche compare généralement les PDS à d’autres approches plus spécifiques, présumées plus efficaces, mais concernant des thérapeutes mieux formés et impliqués, vu la meilleure reconnaissance de leur propre approche : TCC, psychanalyse… Des biais sont donc possibles dans ces comparaisons entre psychothérapies. Une littérature croissante est consacrée à l’efficacité des PDS. Exemples : dans une étude sur un trouble de la personnalité borderline, les PDS ont montré un effet comparable à d’autres thérapies (comportementalistes ou basées sur une relation de transfert) ; et contre la dépression, les PDS se sont révélées aussi efficaces que les TCC, malgré un plus petit nombre de séances. Les auteurs estiment donc nécessaire de revaloriser les PDS. Thérapies les plus répandues, elles devraient susciter des études pour une meilleure évaluation. Cette reconnaissance passe aussi par leur intégration dans la formation des psychiatres.
 
* cf. par exemple http://www.pscpacific.org/treatment.php#2 

Dr Alain Cohen

Référence
Hellerstein DJ et Markowitz JC : Developing supportive psychotherapy as evidence-based treatment. Am J Psychiatry 165-10 : 1355-1356.

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