Statine et régression de l’athérosclérose : le HDL-cholestérol est il en cause ?

L’abaissement des taux plasmatiques du LDL-cholestérol (LDL-C) joue un rôle central dans la prévention de la maladie cardiovasculaire (MCV) athéromateuse. Les études contrôlées ont démontré, à cet égard, que les statines, en diminuant le LDL-C étaient à même de réduire l’incidence des évènements cardiovasculaires, dans le cadre de la prévention primaire et secondaire. D’autres études ont, par ailleurs établi, que des doses élevées des mêmes statines apportaient un bénéfice thérapeutique supplémentaire, par rapport aux posologies plus modérées. Les effets pléiotropes de cette classe pharmacologique ont été associés à ses effets bénéfiques, par exemple la modulation de l’inflammation au sein de la paroi artérielle. Les statines sont également capables d’augmenter les taux du HDL-cholestérol, certes de façon modeste, mais l’impact de cet effet biologique dans leur spectre d’action clinique reste à préciser.

Une analyse post-hoc répond à cette attente. Elle a porté sur les données de 4 essais randomisés prospectifs, réalisés entre 1999 et 2005, dans lesquels ont été inclus 1 455 patients atteints d’une maladie coronaire angiographiquement démontrée. Dans tous les cas, une échographie endovasculaire (EEV) a été effectuée à plusieurs reprises, alors qu’un traitement par statines était en cours depuis 18 à 24 mois.

Sous l’effet de ce traitement, les concentrations plasmatiques moyennes de LDL-C sont passées de 1,24+/-0,38 à 0,87+/-0,29 g/l (- 23,5 %; p<0,001), tandis que les concentrations de HDL-C passaient de 0,43+/-0,11 à 0,45+/-0,11 g/l (+ 7,5 %, p<0,001). Ces variations du profil lipidique ont été associées à un ralentissement de la progression de l’athérosclérose coronaire. En analyse multivariée, les taux moyens de LDL-C (coefficient bêta 0,11) et l’élévation des taux de HDL-C (coefficient bêta – 0,26) sont apparus comme des variables indépendantes prédictives de la régression de l’athérome. Celle-ci s’est avérée substantielle (> 5 % de réduction du volume de l’athérome) chez les patients dont les taux de LDL-C étaient < 0,875 g/l au cours du traitement, mais aussi en cas d’augmentation du  HDL-C > 7,5 % (p<0,001). Cependant, aucune différence cliniquement significative n’a été mise en évidence entre les groupes comparés.

Ces résultats suggèrent qu’en matière de régression des lésions athéromateuses, le bénéfice apporté par les statines tiendrait à la fois à la baisse des taux de LDL-C et à l’augmentation des taux de HDL-C. Ils émanent cependant d’une analyse post-hoc et, à ce titre, une certaine prudence s’impose dans leur interprétation. Il reste en outre à savoir s’ils ont une signification clinique.

Dr John Sorri

Référence
Nicholls SJ et coll. : “Statins, high-density lipoprotein cholesterol and regression of coronary atherosclerosis.” JAMA 2007; 297: 499-508.

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