Sténose urétrale chez les candidats à l’urétroplastie : ne pas trop attendre

L’urétroplastie (UTP) est le traitement définitif des sténoses urétrales, particulièrement après l’échec des urétrotomies internes (UI). Elle est recommandée par l’Association des Urologues Américains après un échec d’UI ou avant si le risque de récidives apparaît fort. L’UTP n’étant pas pratiquée partout, l’adhérence à ces consignes entraîne des listes d’attente chez les candidats à l’UTP. Pendant cette attente, la sténose urétrale peut entraîner des complications : rétention, infection, aggravation des symptômes, voire défaillance rénale. Ces auteurs canadiens ont cherché à connaître l’incidence et les facteurs prédictifs de telles complications. Dans ce but, ils ont repris les dossiers de leurs patients suivis pour UTP entre 2009 et 2013 et ont collecté toutes les complications survenues entre l’indication d’UTP et sa réalisation.

Ont été inclus 276 hommes dont la longueur moyenne de la sténose urétrale était de 4 cm. Les étiologies les plus fréquentes étaient idiopathiques (48 %), traumatiques (16 %), liées à un lichen scléreux (12 %) ou iatrogènes (11 %) ; les 2/3 de ces sténoses se situaient au niveau du bulbe urétral.

Un traitement antérieur avait déjà été tenté : 228 UI et 44 UTP. Les UI avaient souvent été multiples, et 152 malades en avaient eu plus de 2 (et même 14 plus de 10 !). L’auto-sondage était pratiqué par 4 sujets et 31 étaient porteurs d’un cathéter sus-pubien.

Le temps d’attente moyen avant UTP était de 5 mois alors que le temps moyen de survenue des complications chez les 44 malades qui en ont présentées (16 %) n’a été que de 43 jours.

Les complications les plus fréquentes ont été les infections urinaires (n = 25), les rétentions aiguës d’urines (n = 9), les incidents liés à la sonde ou au cathéter sus-pubien [tuyau bouché obligeant à son remplacement (n = 7)], et les douleurs scrotales (n = 3).

En analyse uni-variée, les facteurs prédictifs de complications ont été les suivants : dépendance à la sonde chez les auto-sondeurs ou les porteurs de cathéter sus-pubien, cause de la sténose urétrale impliquant un traumatisme ou un hypospadias, nombre d’UI antérieures. En analyse multivariée, c’étaient la dépendance à la sonde et la notion d’une UTP antérieure. Les malades ni sondés ni cathétérisés étaient moins sujets aux complications et celles-ci survenaient plus tard.

Il faut donc tenter d’opérer les malades dans les 5 premières semaines après la pose de l’indication, les sondés étant prioritaires. 

Dr Jean-Fred Warlin

Références
Hoy NY et coll. : Incidence and predictors of complications due to urethral stricture in patients awaiting urethroplasty. J.Urol. 2018 ; 199 : 754-759.

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