Succès de l’immunothérapie dans le traitement des tumeurs gestationnelles trophoblastiques chimiorésistantes

Les tumeurs gestationnelles trophoblastiques sont rares et se développent dans le placenta, principalement chez de jeunes parturientes. Ces tumeurs sont associées à des taux sanguins élevés en hCG aussi longtemps que la maladie est active et sont traitées classiquement par chimiothérapie. Cette dernière est efficace mais non dénuée de toxicité et certaines tumeurs y sont résistantes. L’immunothérapie dirigée contre PD-L1 (programed cell death ligand) est un bon candidat thérapeutique en cas chimiorésistance car tous les sous-types de tumeurs trophoblastiques expriment de façon constitutive ce marqueur. C’est dans ce contexte que l’Université Claude Bernard (Lyon) a mené l’étude TROPHIMMUN (essai de phase II), en collaboration avec le Centre de Référence des Maladies Trophoblastiques, afin d’évaluer l’efficacité de l’avelumab (anti-PDL1) administré en IV (10 mg/kg toutes les deux semaines) chez des patientes résistantes à un agent de chimiothérapie. L’administration a été réalisée jusqu’à normalisation du taux sanguin d’hCG et le suivi médian a été de 2 ans.

Dr Benoît You (Lyon) a présenté au cours de l’ASCO 2020 les premiers résultats de cette étude. Il en ressort que, sur les 15 patientes qui ont pu être traitées et suivie, l’avelumab a permis de normaliser le taux d’hCG chez 53 % d’entre elles, permettant l’arrêt du traitement sans qu’aucune rechute n’ait pu être constatée (27 mois de suivi). Fait marquant et rassurant quant à l’effet de l’avelumab sur la fertilité, une patiente a même pu tomber enceinte à nouveau et donner naissance à un enfant en bonne santé !

Le reste des patientes (47 %) a développé une résistante à l’avelumab nécessitant un nouveau recours à la chimiothérapie avec/sans chirurgie. Aucun décès n’a été enregistré lors cette étude et la tolérance à l’avelumab a été jugée bonne sans recours à une réduction de dose. Un total de 3 patientes a néanmoins développé une thyroïdite. Ces résultats encourageants ont justifié la mise sur pied de l’essai TROPHAMET, une étude de phase I/II dont le but est d’évaluer l’efficacité et la sécurité de la combinaison atezolizumab (immunothérapie) + methotrexate (traitement de référence en Europe) en première ligne thérapeutique.

Dr Dominique-Jean Bouilliez

Référence
You B et coll. : Phase II study looking at avelumab in patients with gestational trophoblastic tumors resistant to chemotherapy. Congrès annuel de la Société Américaine d’Oncologie Clinique (virtuel) : 29-31 mai 2020.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article