Syndrome des jambes sans repos : l’anesthésie innocentée

Un travail publié en 2002 par B Högl et coll. dans Neurology avait jeté le trouble en semblant mettre en évidence un lien entre la pratique d’une rachianesthésie et le déclenchement d’un syndrome des jambes sans repos (SJSR). Pour confirmer ou infirmer ce risque, une équipe allemande a entrepris une nouvelle étude prospective ayant inclus 359 patients devant être opérés.

Comme le travail initial de Högl cette étude était prospective mais contrairement à la première publication elle a inclus une évaluation pré-opératoire de tous les malades par un questionnaire standardisé. Il est ainsi apparu qu’avant l’intervention 8,9 % des patients répondaient aux critères diagnostiques d’un SJSR ce qui est en conformité avec la prévalence de ce syndrome dans la littérature (autour de 10 %). Une à 4 semaines après l’intervention tous les patients ont été soumis au même questionnaire : aucun nouveau cas de SJSR, ni aucune aggravation d’un SJSR préexistant n’ont été dépistés et ceci dans le groupe ayant été opéré sous anesthésie générale comme dans celui ayant bénéficié d’une anesthésie peri-durale.

L’anesthésie semble donc pouvoir être totalement être innocentée dans la survenue d’un SJSR.

Les résultats inquiétant de Högl sont à mettre sur le compte de l’absence d’évaluation pré-opératoire des malades puisque le taux de SJSR n’était finalement que de 8 % en postopératoire dans cette étude. De plus un grand nombre des patients de Högl étaient des femmes ayant subi une césarienne et ayant reçu des traitements anti-émétiques de la famille des neuroleptiques susceptibles d’entraîner une akathisie (agitation motrice prédominant aux membres inférieurs) qui peut être confondue avec un SJSR.

Dr Céline Dupin

Référence
Crozier T et coll. : Restless legs syndrome and spinal anesthesia. N Engl J Med 2008 ; 359 : 2294-96.

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